TC Média - Isabelle Bergeron Un comité de résidents s'oppose à la création d'un stationnement dans la ruelle champêtre située entre la rue Drolet et l'avenue Henri-Julien.

Un comité de résidents s’oppose à la création d’un stationnement dans la ruelle champêtre située dans le quadrilatère des rues Drolet et de l’avenue Henri-Julien

En 2007, le comité avait obtenu une subvention de 160 000$ pour transformer leur ruelle en ruelle champêtre. Depuis, des années de travaux et de mobilisations saisonnières ont laissé place à un lieu de voisinage où fêtes publiques, corvées et activités ont lieu annuellement. Les résidents-riverains ont fait le choix, dans les années 2000, de privilégier une ruelle verte à un stationnement, ce qui a eu pour effet d’améliorer de façon considérable leur vie de quartier.

Mais voilà qu’il y a quelques mois, le comité a reçu l’information qu’une maison adjacente à la ruelle avait été acquise par une nouvelle propriétaire, dans le but de la rénover et de la revendre par la suite. Celle-ci a obtenu un permis de l’arrondissement lui permettant d’aménager un espace de stationnement si l’acheteur potentiel le souhaite.

Une faille dans la réglementation

«Ce qui nous désole, c’est qu’aucune réglementation n’existe pour protéger le fruit d’un travail commun»,  affirme une des membres du comité, rencontrée la semaine dernière.

Ce que les membres souhaitent plus que tout, c’est de protéger un investissement monétaire, mais également de temps, car ce sont eux qui assurent l’entretien de la ruelle qui s’est créée une réputation avec les années. «Les gens font le détour pour traverser la ruelle le matin, des touristes la visitent quotidiennement. Elle est un îlot de fraîcheur pour les gens du quartier, on ne peut laisser un tronçon être détruit», ajoute Jerry Bull, président du comité de la ruelle champêtre.

On a toujours su qu’une ruelle verte comportait des risques parce qu’elle demeure un espace public

Christine Gosselin, conseillère du district Jeanne-Mance, affirme que c’est la première fois qu’une telle situation se produit. «On a toujours su qu’une ruelle verte comportait des risques parce qu’elle demeure un espace public.  De par la loi, elle doit fournir un accès à la cour arrière des propriétés.» Mais, il ne s’agit pas ici d’un propriétaire occupant, mais plutôt d’un promoteur immobilier qui souhaite augmenter la valeur de la propriété, en offrant la possibilité d’un stationnement. Pour Jerry Bull, cette «promoteur» profite du statut de la ruelle pour vendre la propriété, tout en la menaçant, du même coup.

Montréal, un soutien aux ruelles vertes

La Ville de Montréal encourage fortement les citoyens à transformer leurs ruelles en ruelles vertes en offrant du financement aux résidents intéressés à soumettre un projet. Pour ce faire, il faut d’abord former un comité de cinq résidents-riverains et soumettre un projet.  Alors qu’il faut l’appui d’au moins 50% des résidents-riverains pour procéder à la mise en place de la ruelle, le comité de la ruelle Drolet/Henri-Julien déplore qu’il ne faille qu’une personne pour détruire des années de travail.

À ce sujet, Mme Gosselin assure que l’arrondissement travaille actuellement à trouver des solutions pour ne pas remettre en question des acquis de verdissements. Cette année, 14 nouvelles ruelles vertes seront réalisées, dont sept tronçons champêtres dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

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