Le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, a décidé de prendre le taureau par les cornes. Il vient d’enclencher la première étape vers une possible défusion de son arrondissement. Une pétition va commencer à circuler, la semaine prochaine, pour demander la tenue d’un référendum qui statuerait sur l’appartenance d’Anjou à Montréal.

Luis Miranda n’en démord pas. Il s’oppose toujours à la réforme du financement des arrondissements proposée par l’administration Coderre et veut que ses citoyens puissent avoir le choix.

« On veut être en mesure de choisir. Le référendum demandera aux citoyens s’ils veulent rester ou non avec Montréal, indique M. Miranda. En 2004, le gouvernement libéral avait voté une loi qui garantissait certains services et une autonomie aux arrondissements. Le maire Coderre veut modifier tout ça. On ne peut pas laisser passer ça. »

La pétition devrait circuler pendant deux mois, par le biais des élus, mais également de personnes mobilisées qui feront du porte-à-porte. Le maire espère recueillir entre 20 000 et 25 000 signatures.

« Habituellement, il nous faut environ deux mois pour rejoindre tous les foyers angevins. De toute façon, il faut que l’on ait terminé avant Noël. Après, on trouvera quelqu’un pour nous parrainer et la déposer à l’Assemblée nationale », explique le maire d’Anjou.

La réforme ne passe toujours pas

La colère ne semble pas vouloir s’estomper depuis l’annonce de la réforme de financement des arrondissements, par l’administration Coderre, début juillet.

« On me donne une dotation inférieure à celle de 2011, alors que ma masse salariale a augmenté. En plus, j’ai 1M$ à aller chercher pour combler les hausses de fonctionnement. Si on ne peut pas défusionner, il faudra couper ou taxer davantage les citoyens », indique le maire, qui ne voit pas d’autres issues possibles.

Beaucoup de bruit pour rien?

La sortie de Luis Miranda suscite l’appui de plusieurs maires d’arrondissement. C’est le cas de la mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars et du maire du Plateau Mont-Royal, Luc Ferrandez, également porte-parole de l’opposition officielle en matière de financement des arrondissements.

« Je comprends Anjou de vouloir s’engager dans une mesure si radicale. Je soutiens le maire dans sa démarche », a expliqué M. Ferrandez.

La procédure entamée par Luis Miranda pourrait faire des petits, mais le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau semble fermer la porte à toute tentative de l’administration angevine.

« Légalement, ce n’est pas possible que les arrondissements puissent défusionner. Il n’y a pas de clause pour cela », a indiqué le ministre par la voie de son attachée de presse. M. Moreau indique également qu’il « n’est pas souhaitable » de remettre ce débat-là sur la table alors que le gouvernement « se lance dans la volonté d’étudier un statut particulier pour Montréal ». Le ministre des Affaires municipales ajoute qu’il « n’appartient pas au gouvernement du Québec de se substituer à l’administration montréalaise quant au financement qui est attribué aux arrondissements. »

Le début d’un long combat

De son côté, Denis Coderre, le maire de Montréal reste imperturbable et suit la ligne directrice qu’il s’est fixée en juillet.

« Pour nous, il n’y a pas de défusion possible. Le ministre Moreau a été très clair là-dessus », a fait savoir son directeur des communications.

Pour autant, Luis Miranda n’a pas l’intention de s’arrêter en chemin.

« C’est clair que Denis Coderre ne va pas se laisser faire, mais il ne m’impressionne pas. J’irai jusqu’au bout. Les citoyens qui sont là depuis plus de 12 ans comprennent de quoi je parle. Ils sont 100% derrière nous. Certains m’ont déjà dit vouloir signer la pétition », ajoute le maire d’Anjou.

Le maire du Plateau-Mont-Royal pense que cette bataille risque de « paralyser en partie » la gestion de Montréal.

« On ne peut peut-être pas sortir légalement de la Ville, mais on ne peut pas forcer les arrondissements à rester. Il va y avoir une moins bonne collaboration. Je ne crois pas que les arrondissements vont être intéressés à s’asseoir à la table des maires et à discuter avec M. Coderre », soutient M. Ferrandez.

Pour sa part, le maire d’Anjou reste confiant et croit que le référendum à de bonnes chances de passer le test de l’Assemblée nationale.

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