Quatre organismes ont reçu un peu plus de 135 000$ pour mettre en place des activités afin d’intervenir auprès des enfants issus des quartiers défavorisés de Montréal-Nord. Dans un secteur où se «trouvent les enfants les plus vulnérables de tout le Québec», chaque dollar compte.

Grâce à ces fonds, les organismes offriront entre autres des activités d’éveil pour les bébés, du théâtre et des activités sportives. L’objectif, c’est de préparer les enfants pour la rentrée scolaire et les aider à bien vivre leur scolarité. Ultimement, ils espèrent réduire le taux de décrochage inquiétant qui mine les élèves nord-montréalais.

Le défi est de taille dans le territoire du CLSC de Montréal-Nord, qui compte plus de 1 400 jeunes au km2. Ici, 14% des enfants sont en situation de retard scolaire au primaire ou de décrochage au secondaire. C’est 27% de plus que la moyenne québécoise, selon une étude de Tonino Esposito, professeur adjoint à l’École de service social de l’Université de Montréal, et Catherine Roy de l’Université McGill. Ces chercheurs n’hésitent d’ailleurs pas à décrire Montréal-Nord comme étant le territoire où se trouvent les enfants les plus vulnérables la province.

Agir sur le terrain
C’est une réalité que les organismes constatent sur le terrain.

«À Montréal-Nord certains petits partent de loin. À 3 ans, ils portent encore des couches, ne parlent pas français… Certains ont des problèmes de psychomotricité parce qu’ils n’ont jamais tenu un crayon ou une paire de ciseaux.», détaille Isabelle Alexandre, directrice d’Entre parents Montréal-Nord.

Pour la première fois cet été, l’organisme va mettre en place le programme «Accès 0-5ans» qui propose des séances de massage pour bébé, du cardio-poussette ou encore des activités d’éveil pour les tout-petits. «Si nous n’aidons pas ces enfants, ils seront isolés à l’école et réfractaires à participer», prévient Mme Alexandre.

Lutter contre l’ennui
Chez les plus vieux, le manque de stimulation contribuerait aux difficultés scolaire. L’été, par exemple, les enfants se retrouvent seuls, sans supervision, dans les parcs parce que leurs parents, qui travaillent, n’ont pas forcément les moyens de leur payer des camps de jour, selon Roxane McDonald de l’Institut Pacifique.

«Chez certains enfants défavorisés, il y a des comportements qui montrent qu’ils ne sont pas prêts à aller à l’école. Ils ne connaissent pas la politesse de base, ne savent pas comment aller vers les autres, ou encore gérer leurs contrariétés», explique-t-elle.

Pour occuper ces jeunes de 5 à 12 ans, l’Institut Pacifique va instaurer une prolongation estivale du programme Temps libre, mis en place dans les écoles pendant l’année. Grâce à des activités sportives ou ludiques, les éducateurs aident les enfants à s’intégrer en société et à travailler sur leurs émotions.

Pour les Productions Qu’en dit Raton, la gestion de la sociabilité des enfants passe par l’art, c’est pourquoi la compagnie offre dix représentations théâtrales aux jeunes qui sont ensuite invités à découvrir l’envers du décor.
«Sur scène, il n’y a plus de notion de classes sociales ou d’ethnie. Le théâtre est un lieu de rencontre, il peut donner une voix aux enfants», explique Jonathan Pronovost, cofondateur des Productions Qu’en dit Raton?

Décharger sa famille
«L’hiver, on voit des grands qui n’ont pas de manteau parce qu’ils l’ont donné à leur petit frère. Ces grands frères vont se négliger», témoigne Wilmann Edouard, directeur de la Coopérative Multisports plus.

Pour offrir des opportunités de travail à aux jeunes de 15 à 17 ans, l’organisme met en place des formations qualifiantes pour leur permettre de devenir arbitre, entraineur ou encore animateur. «Avec son salaire, un jeune va pouvoir s’acheter sa passe d’autobus lui-même ou s’acheter une bonne paire de souliers. Sa qualité de vie sera meilleure, il pourra mieux étudier et cela lui permettra d’avoir des ambitions plus poussées», plaide M. Edouard.

Tous ces projets sont soutenus par l’arrondissement de Montréal-Nord et la Ville centre, qui ont respectivement accordé 20 000$ et 115 258$ de subventions.

Les chiffres:

  • 45,1% – C’est le pourcentage de jeunes de 5 à 9ans qui vivent dans un ménage à faible revenu, contre 28,7% à Montréal.
  • 11 – C’est le nombre d’écoles primaires publiques de Montréal-Nord sur 12, sont classées parmi les plus défavorisées de l’île de Montréal
  • 75,6% – C’est la part de la population de Montréal-Nord qui réside dans un secteur défavorisé.
  • 21,9% – Le taux de la population des 20-29ans de Montréal-Nord qui n’a pas de diplôme, contre 9,3% à Montréal

Source:Arrondissement de Montréal-Nord et Étude «Implantation de nouvelles cliniques de pédiatrie sociale en communauté au Québec – Identification des communautés à risque», pour La Fondation du Dr. Julien.

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