Partick Deschamps Jacques Fournier, de l'Association québécoise de défense des personnes retraitées et préretraitées, André Fournier, candidat de Québec solidaire dans Crémazie et Huguette Péloquin, du Groupe d'entraide Alzheimer de Montréal-Nord, ont tour à tour pris la parole lors de la période de questions du conseil d'administration du CSSSAMN et ont remis en question les méthodes choisies pour optimiser les services de soins à domicile.
La sortie médiatique de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) et la publication par le CSSS d’Ahuntsic et Montréal-Nord  (CSSSAMN) de résultats concernant les démarches d’optimisation des services de soutien à domicile, mardi dernier, n’auront pas suffi à éteindre la grogne des travailleurs touchés par l’embauche d’une firme privée chargée de scruter leurs faits et gestes.

Le soir même, une délégation d’employés du CSSSAMN et de représentants de groupes d’aide aux personnes âgées s’est présentée à la séance du conseil d’administration de l’organisme afin de dénoncer ce que plusieurs qualifient de mécanisation d’un travail qui perd ainsi sa dimension humaine.

Le CSSSAMN affirme que depuis qu’il a entrepris sa démarche d’optimisation des soins à domicile, en février 2012, alors que la firme Proaction a reçu un contrat avoisinant 500 000 $ pour analyser les façons de faire de ses employés, le nombre d’interventions – du temps direct passé auprès de la clientèle — a augmenté de 14 %. Le nombre d’usagers desservis aurait pour sa part augmenté de près de 15 % pendant la même période.

En conférence de presse, mardi dernier, l’AQESSS a fait valoir que « les différentes démarches d’optimisation des services de soins à domicile mises en place par les établissements donnent déjà à ce jour des résultats remarquables », spécifiant que le chemin choisi par chacun pour y arriver est différent.

« Il y aura de l’argent frais pour les soins à domicile dans les prochaines années, mais nous avons la responsabilité de mieux utiliser les sommes déjà investies et de faire en sorte que pour chaque dollar investi en santé, il y en ait un maximum qui aille en soins directs à la population », a déclaré Lise Denis, directrice générale de l’AQESSS.

Selon Jean-Louis Laplante, responsable des relations avec les médias pour l’AQESSS, en date du 29 octobre, 15 établissements membres de l’association font affaire avec la firme Proaction à l’échelle du Québec.

Riposte immédiate

Au plan local, une quarantaine de travailleurs qui dénoncent la méthode Proaction implantée au CSSAMN, ont décidé de se présenter, le soir même, à la séance du conseil d’administration de l’organisme. Bannière à la main, ils ont assisté en silence à la séance pour faire valoir une vision des soins à domicile qui fait plus de place aux personnes qu’aux analystes et aux comptables.  

« La firme Proaction est engagée par les administrateurs de notre CSSS au coût d’un demi-million seulement pour les équipes qui travaillent auprès des personnes âgées du territoire. L’objectif étant d’augmenter de 10 % le rendement du personnel, et ce sans ajout de personnel. Effectivement, les employés constatent qu’ils évaluent plus les demandes des personnes âgées qui sont en liste d’attente, mais que paradoxalement on doit remettre en attente, après l’évaluation, ces mêmes personnes pour des services comme de l’aide au bain, de l’accompagnement, la préparation de repas, etc. Résultat : on évalue plus, mais on ne donne pas plus de services », a expliqué Marjolaine Goudreau, présidente du syndicat local de l’Alliance professionnelle des techniciens et techniciennes en santé et services sociaux (APTS), au lendemain de cette manifestation.

Selon Mme Goudreau, le déficit de 3,8 M$ annoncé mardi soir par la directrice du CSSSAMN pour l’année se terminant fin mars 2013 permet de remettre en cause le paiement de centaines de milliers de dollars à Proaction. La représentante syndicale remet aussi en question la présence d’une « structure pyramidale des cadres du CSSSAMN qui est en expansion beaucoup trop importante » dont certains n’auraient aucun employé sous leur direction. « Ramener un certain nombre de cadres sur le terrain et ainsi donner plus de services aux personnes âgées, dans un contexte de coupures budgétaires, ce n’est pas à notre avis une solution exagérée », conclut Mme Goudreau.

 

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