Collaboration spéciale Un graffiti contenant l'inscription «Freddy RIP» a été fait, il y a 10 jours, à l'endroit où la murale sera réalisée. Tôt le lendemain, des travailleurs étaient en train de l'effacer.

Si le maire de Montréal-Nord Gilles Deguire se dit maintenant ouvert à ce que la future murale du centenaire fasse vaguement allusion à Fredy Villanueva, certains groupes estiment que «ce n’est pas suffisant», exigeant qu’une peinture du visage du jeune homme y soit incluse.

L’œuvre d’art, réalisée par l’organisme MU, qui célèbrera le centenaire de Montréal-Nord, sera peinte à l’endroit même où Fredy Villanueva a perdu la vie, lors d’une opération policière, le 9 août 2008.

Jusqu’à tout récemment, le maire Deguire tenait mordicus à ce que la murale fasse abstraction de l’événement funeste.

Mais voilà qu’il participera à une rencontre, vendredi, entre des représentants de l’arrondissement, de l’organisme MU et de certains signataires d’une pétition, qui réclament que la murale, réalisée à l’arrière de la Maison culturelle et communautaire (MCC), «serve à démontrer que Montréal-Nord n’est pas amnésique face aux causes qui ont mené au décès de ce jeune».

«Nous sommes prêts à voir s’il y a une façon de bonifier la murale, soit en ajoutant un poème, une phrase ou une allusion. Nous sommes à la recherche de solutions et verrons ce que les groupes et les artistes ont à nous proposer», explique le maire Deguire.

Il prévient toutefois qu’il ne s’agira probablement pas d’une référence directe.

«Je ne pense pas que le nom ou l’image [de Fredy Villanueva] donnerait une valeur ajoutée à la murale», dit-il, en répétant que les événements malheureux d’août 2008 n’ont pas été oubliés, mais que la page a été tournée depuis et que «Montréal-Nord regarde maintenant vers l’avenir».

Insuffisant
Le porte-parole du mouvement Montréal-Nord Républik, Will Prosper, sera présent à la rencontre de vendredi. Il espère une réelle ouverture de la part de l’administration.

«J’espère que ça va être plus qu’une phrase ou un poème. Nous voulons le visage de Fredy. Pas besoin de faire un lien avec la brutalité policière, mais juste avoir une effigie à sa mémoire», demande-t-il.

À son avis, il est faux de penser que de mettre l’image du jeune homme, à l’endroit précis où il a perdu la vie, causerait de la discorde.

«Les jeunes du quartier vont se reconnaître là-dedans. Les citoyens vont dire qu’ils ne veulent pas qu’un autre jeune Nord-Montréalais meure de la sorte. De plus, la mort de Fredy Villanueva a donné l’occasion à Montréal-Nord de faire les choses positives pour changer l’image du quartier, dans les dernières années. Ce n’est pas négatif», soutient-il.

Par ailleurs, M. Prosper souligne que des ouvrages ont été réalisés à la mémoire de jeunes noirs qui sont morts dans des circonstances similaires, au cours des dernières années, comme Trayvon Martin, en Floride, et Michael Brown, au Missouri, et que ces œuvres sont loin de susciter la controverse.

Dans un communiqué émis par Montréal-Nord,  l’arrondissement indique vouloir «prendre le temps nécessaire pour bâtir une appropriation citoyenne du projet».

Ce travail de concertation reportera donc la réalisation de la murale en 2016.

 

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