Courtoisie Le professeur Thierry Karsenti en visite dans une classe avec son robot Nao.

Des chercheurs de l’Université de Montréal ont eu l’idée d’avoir recours à un outil pédagogique hors du commun afin d’aider les jeunes en difficulté dans leur cheminement scolaire : le robot humanoïde Nao. Quelques écoles du Québec ont déjà eu le privilège de recevoir sa visite, dont l’une se situant à Lachine.

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation, Thierry Karsenti a découvert, en juin 2016, ce robot fabriqué en France et a pensé à l’utiliser à des fins éducatives.

Depuis l’acquisition de trois appareils du type en septembre, son équipe et lui ont tenté l’expérience dans différents milieux scolaires et ont constaté que le robot avait un impact significatif tant sur l’attention que sur la motivation des élèves.

Un outil d’apprentissage
Le robot Nao s’est rendu à St-Gervais dans Bellechasse, dans une classe d’adaptation scolaire de l’école primaire de la Nouvelle-Cadie. Après avoir entretenu plusieurs correspondances personnalisées avec les élèves par l’entremise de lettres, il est venu leur rendre visite à deux reprises. Lors de ces rencontres, les enfants ont été soumis à différentes activités de groupe. Par exemple, Nao leur racontait une histoire et les enfants devaient par la suite écrire comment elle se terminait. Une troisième rencontre est prévue prochainement où le thème des mathématiques sera abordé.

La professeure Marie-Christine Audet et la conseillère pédagogique Emmanuelle Frenette furent agréablement surprises en voyant à quel point les enfants étaient attentifs lorsqu’il était sujet de Nao, alors qu’il est plutôt difficile de conserver leur attention normalement. Elles considèrent que ce serait définitivement un outil efficace pour mieux faire assimiler la matière aux jeunes en difficulté, dont plusieurs sont atteints du trouble du spectre de l’autisme.

«Pour que les enfants soient intéressés, ça prend un contexte significatif et quand il s’agissait de Nao, ils embarquaient », relate Mme Frenette. L’enseignante a aussi joué un rôle prédominant dans le succès de l’expérience en raison de son intérêt et de son implication.

Augmenter la motivation
Ce ne sont pas uniquement les enfants en difficulté qui bénéficient des bienfaits de Nao. À l’école primaire Paul-Jarry à Lachine, la plus défavorisée de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, ce sont les élèves qui ont pu prendre les commandes du robot en le programmant eux-mêmes à faire des gestes, comme botter un ballon par exemple. M. Karsenti  a constaté l’impact positif que ce dernier pouvait avoir sur la motivation et la confiance des jeunes.

«C’est motivant comme objet en salle de classe. Les enfants développent beaucoup de confiance après avoir réussi à le programmer et certains restent même après les cours pour continuer leur projet», indique le chercheur.

Le professeur Karsenti souhaite poursuivre dans cette voie en raison des résultats encourageants. À cet effet, une demande de subvention a été faite au gouvernement, non seulement pour acquérir plus de robots mais aussi du personnel impliqué et motivé, car ce n’est pas le robot à lui seul qui peut faire une différence. Le but ultime serait de développer l’autonomie des établissements scolaires afin qu’ils puissent utiliser le robot sans l’intervention de la Chaire de recherche, qui joue un rôle majeur pour le moment.

Les faits
Nao est un robot humanoïde fabriqué en France et commercialisé par une compagnie japonaise au coût de 6000$ US

  • Au départ, il n’était pas utilisé à des fins éducatives
  • Il mesure 58 cm et pèse 4,8 kg
  • Il est doté d’une autonomie de 2 heures et il comprend environ 3000 mots de la langue française
  • Il peut interagir avec son entourage en plus de reconnaître certaines de leurs émotions

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