Collaboration spéciale L'école primaire Lajoie est située à l'intersection des avenues Lajoie et Outremont.

Des parents, des élèves et des membres du personnel de l’école primaire Lajoie ont fait une chaîne humaine mardi matin devant l’école d’Outremont pour dénoncer les coupes qui affectent le milieu de l’éducation.

Classes saturées, locaux surutilisés, manque de ressources, surcharges des professeurs et des parents bénévoles, les quelque 100 personnes qui se sont jointes au mouvement «Je protège mon école publique», qui a mobilisé plus de 230 écoles au Québec mardi, en avaient lourd sur le cœur.

«Notre gouvernement se concentre sur tout ce qui peut lui permettre d’aller chercher de l’argent et malheureusement, les écoles écopent parce qu’elles sont perçues comme une dépense et non comme un investissement», lance Philippe Blaison, parent bénévole à l’école Lajoie.

Marcela Fajardo, une maman bénévole, se dit être épuisée quand arrive la fin de l’année. «Les parents donnent de plus en plus d’heures et on se rend compte que si ce n’était pas le cas certains services disparaîtraient», soutient-elle.

Services en péril
La bibliothécaire de l’école Lajoie ne travaille qu’une demi-journée par semaine. «Pour que nos enfants aient accès à ce service, ce sont des parents bénévoles qui y travaillent à temps plein. Ça ne fait aucun sens dans une école primaire où les enfants apprennent à lire», explique Mme Fajardo.

Pour Ivan Bonaccorso, aussi parent-bénévole, le gouvernement lance le message que ce n’est pas grave de couper au niveau primaire, «pourtant, les impacts à long terme sont tellement dommageables».

Le personnel enseignant de l’école indique que les jeunes qui ont des problèmes d’apprentissage peuvent difficilement avoir accès aux services, dont ils auraient besoin. Ceux-ci continuent leur cheminement académique en traînant d’importants problèmes avec eux.

«Avec les coupes de services, on ne répond plus à certains besoins, mais on fait semblant que tout est beau en faisant passer tous les élèves», s’indigne une enseignante de l’école.

Bien que la majorité des enseignants dénonce ce qui se passe entre les murs de leur école, la plupart d’entre eux conservent un sentiment d’impuissance. «Il faut se réjouir des petites victoires, je suis contente de nous voir ici avec les parents de nos élèves, mais je crains que le message ne se rende pas jusqu’au gouvernement», lance une membre du personnel.

Certains parents abondaient dans le même sens, «ça fait du bien de pouvoir enfin s’exprimer, mais je crains que le gouvernement reste indifférent devant notre signal d’alarme», conclut M. Blaison.

Le regroupement «Je protège mon école publique», fondé par des parents d’élèves de l’école Jean-de-Brébeuf de Montréal, exige, en formant des chaînes humaines devant les écoles, que le réseau d’éducation publique primaire et secondaire du Québec ait un financement adéquat et stable, que le gouvernement apporte une solution rapide et durable à la surpopulation dans les écoles et que les enfants et les professeurs aient accès aux services de professionnels. Une autre mobilisation aura lieu le 1er octobre prochain.

 

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