(Photo : archives)

Après avoir dû couper de moitié leur budget pour l’achat de livres cette année, les coffres des bibliothèques de l’Université de Montréal sont désormais vides. Une situation que dénoncent vivement les étudiants et le directeur général des bibliothèques.

«Les étudiants de l’UdeM ressentent directement les effets des compressions du gouvernement, déplore le secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM), Nicolas Lavallée. Cette année, pour nous payer des livres, nous avons dû piger dans le fonds d’urgence de l’université et il est désormais vide.»

Le budget pour l’achat des livres à l’UdeM en 2013-2014 était de 1,8M$. Cette année, les bibliothèques ont dû se procurer et se procureront des livres avec un budget de 800 000$, provenant du fond d’urgence de l’université.

«C’est simple, le budget régulier ne permet plus d’achat de livres, indique Richard Dumont, directeur général des bibliothèques de l’UdeM. L’université va devoir faire des compressions ailleurs pour pouvoir financer l’achat de livres. Et il ne reste plus beaucoup d’endroits où couper.»

Pour la FAÉCUM la solution est claire, «le gouvernement doit réinvestir dans l’enseignement supérieur maintenant parce que bientôt les universités ne pourront plus pallier au problème», soutient M. Lavallée.

Après s’être fait questionner sur cette situation, l’attaché politique du ministère de l’Éducation, Julie White, a précisé que les universités étaient responsables de la distribution de leurs enveloppes budgétaires et qu’en ce sens, le ministère entrerait en contact avec l’UdeM pour avoir des explications sur l’attribution de son budget.

Accès limité
Depuis septembre, les bibliothécaires de l’UdeM choisissent les livres par ordre de priorité. «On achète les livres requis pour les cours ou exigés par les professeurs et les chercheurs, alors la collection s’appauvrit», souligne M. Dumont.

Devant l’absence d’un livre, les étudiants sont redirigés vers d’autres bibliothèques ou commandent les bouquins désirés, ce qui occasionne des délais.

«La mission d’une bibliothèque universitaire est de donner accès à l’information. C’est leur matière première. Ce qui se passe en ce moment est impensable», conclut le directeur des bibliothèques.

En 2013-2014, l’UdeM a acheté 21 000 livres imprimés et 7900 livres électroniques pour garnir ses 18 bibliothèques. Alors qu’en 2014-2015, l’UdeM a acquis 18 217 livres imprimés et 4066 livres électroniques.

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