Archives TC Media Les organismes communautaires offrant des services de dépannage alimentaire doivent continuer de faire plus, malgré des ressources financières limitées. Les besoins demeurent en hausse à Montréal.

Le nombre de personnes ayant recours aux organismes communautaires offrant des services de dépannage alimentaire ne cesse d’augmenter au Québec. Une hausse de 34% par rapport à la récession de 2008-2009. Dans l’est de Montréal, les organismes crient famine.

Les données proviennent du Bilan-Faim 2016, le plus récent rapport sur l’utilisation des banques alimentaires au Canada.

«Les chiffres ne me surprennent pas, commente à brûle-pourpoint Pierrette Joly, directrice générale d’Action secours Vie d’espoir (ASVE), dont le comptoir alimentaire a vu le jour en 1993. Les besoins ne cessent d’augmenter, alors que les ressources financières ne sont pas au rendez-vous.»

Chaque semaine, près de 150 familles de Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est font appel à ASVE pour se procurer de la nourriture.

«Nous avons même une liste d’attente de 40 noms. Le mardi, ces gens nous appellent et on peut alors leur confirmer si nous serons en mesure de les aider. Ces journées ne sont jamais agréables. Surtout lorsqu’on doit leur dire non», dit Mme Joly.

La situation n’est pas plus rose dans le secteur de Mercier-Ouest. Le Groupe d’entraide de Mercier-Ouest (GEMO) doit aussi faire face à des demandes de plus en plus nombreuses.

Seulement de 2014-2015 à 2015-2016, l’augmentation est de 20%. Le nombre de paniers d’épicerie distribués est passé de 3503 à 4200 annuellement.

Un portrait en changement
Le portrait des requérants a également changé. Si les prestataires d’aide sociale constituent les principaux bénéficiaires (45%), les travailleurs occupant ou ayant récemment perdu un emploi ont dorénavant régulièrement recours aux dépannages alimentaires pour boucler les fins de mois (16%).

«Il n’est plus rare de voir un père de famille qui gagne 14$ de l’heure avec deux enfants et une conjointe à la maison venir nous demander de l’aide. Nous analysons rapidement leur budget. Après le loyer, la facture d’Hydro-Québec et les vêtements, il en reste bien peu pour se nourrir. Même quand aucun imprévu ne survient», constate Mme Joly.

La pauvreté a plusieurs visages et personne n’est à l’abri.

«Des travailleurs autonomes, des étudiants, des aînés, des salariés réguliers, nous accueillons vraiment plusieurs types de personne que l’on ne voyait pas il y a quelques années. La situation économique des gens s’est détériorée», note Renée Des Rosiers, directrice générale du GEMO.

Recommandations
Pour renverser la vapeur, diverses recommandations sont contenues dans le Bilan-Faim 2016.

Les auteurs souhaitent entre autres que le gouvernement fédéral accélère sa stratégie nationale de réduction à la pauvreté et qu’elle soit dotée d’un financement suffisant; que toutes les personnes disposent d’un revenu de base acceptable; une nouvelle formule pour les prestataires d’aide sociale.

Des principes avec lesquels Mme Joly est d’accord, elle qui rêve du jour où les organismes de dépannage alimentaire comme le sien ne seront plus nécessaires.

Aussi dans Actualités :

blog comments powered by Disqus