FELIX O.J. FOURNIER TC MEDIA (51 Maurice Day, artiste visuel et pointelier, accompagné de Pierre Desjardins, vice-président de L’atelier d’histoire de la PAT

La Souris Verte, Bobino, Iniminimagimo, Vazimolo… Les décors d’une douzaine d’émissions jeunesse phares ont été conçu par le l’artiste Maurice Day. Rencontre avec un pointelier d’exception qui a marqué l’enfance de plusieurs générations de Québécois.

C’est dans une petite salle de la Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles que Maurice Day nous donne rendez-vous. Ce n’est pas un hasard. Cet automne, on y présente une exposition sur sa vie et son œuvre.

Immédiatement, on fait un bond dans le temps. La marionnette de Bobinette par-ci, celles des Cyniques dans l’Émission impossible par-là, mais aussi les dessins de la maison d’Hansel et Gretel ou de Blanche-Neige et les Sept Nains pour les contes Iniminimagimo.

«Les émissions jeunesses demandaient beaucoup de créativité, et d’idées nouvelles, elles étaient toujours très colorées», explique Maurice Day, fier et heureux de raconter 40 ans de travail.

Artiste depuis tout petit
Né à la Longue-Pointe en 1936, Maurice Day est un artiste dans l’âme depuis sa tendre enfance. Il fera rapidement de sa passion son travail.
Après avoir étudié en art graphique, il commence sa carrière comme artiste peintre, à peindre les décors au Théâtre du Nouveau Monde (TNM). À 18 ans, il sera engagé pour le même poste à Radio-Canada. Il finira par quitter la Société en 1995.

«J’ai fait l’apprentissage de ce travail multidisciplinaire qui consiste à peindre les décors suivant les plans et maquettes des décorateurs dans des techniques très variées: peindre des toiles de fond grand format, agrandir les dessins à l’échelle, utiliser la technique du trompe-l’œil […], tout ce travail était destiné aux émissions jeunesse, variétés, téléthéâtre, opéra, téléroman», décrit-il.

Une passion pour la couleur
Avec des mentors comme Marcel Gérin-Lajoie, Roméo Leriche ou encore Edmondo Chiodini, Maurice Day le passionné, va accumuler différents travails au fur et à mesure des années. Tantôt décorateur, tantôt artiste peintre scénique, professeur ou encore superviseur du service des costumes, il va également se plongeait dans une passion d’enfance, via la télévision: la couleur.

«J’ai commencé très jeune à m’intéresser à la couleur, j’aimais la comprendre, explique-t-il. Mais quand la télévision en couleur est arrivée en 1966, c’était quelque chose de tout nouveau, j’ai redécouvert la couleur. Pour moi du jaune et du bleu ça fait du vert ; là, en télévision, ça fait du blanc, tu ne verras jamais de jaune sur ton écran.»

Il a alors été assigné à refaire une nouvelle charte des couleurs plus élaborée pour satisfaire les foyers qui possédaient un téléviseur noir et blanc et pour ceux qui avaient la nouvelle technologie couleur. Il fallait offrir une plus grande gamme de teintes et de nuances.

Émissions de jeunesse
Entièrement libre dans les décors qu’il créait et innovateur, Maurice Day préférait travailler pour des émissions pour enfants, que pour adolescents ou adultes puisqu’elles offraient un meilleur terrain de jeu pour sa créativité.

«Je n’ai jamais travaillé selon moi, cela a toujours été un plaisir de faire de la création.»

Habitué des prix Gémeaux dans les années 1980, M. Day a été nommé pour le meilleur décor toutes catégories à trois reprises pour l’émission Iniminimagimo en 1987, 1988 et 1989. En 1992, il a de nouveau été mis en nomination pour le prix Gémeaux du meilleur décor de théâtre pour Le vrai monde de Michel Tremblay.
En 1993, il reçut le prix Anik pour le décor de Vazimolo, décerné par la Société Radio-Canada nationale parmi tous les employés.

Un pointelier actif

Très actif au sein de la communauté pointelière et notamment en 1964 à l’assemblée de fondation de la Jeune Chambre de commerce de PAT, Maurice Day y était responsable de la Commission culturelle, mais en assuma aussi la présidence en 1967-1968 et 1968-1969.

Il est d’ailleurs à l’initiative du nom «pointelier» qui verra le jour en 1968 grâce à un concours d’un mois organisé avec l’aide de l’Avenir de l’Est: «Avant cette date, les citoyens de PAT n’avaient pas de nom, lance M. Day. On s’est réunis et on a choisi parmi les 80 noms proposés.»

Aujourd’hui, toujours engagé auprès de sa communauté, Maurice Day travaille, entre autres, avec l’équipe de bénévoles de l’Atelier d’histoire de la PAT pour qui il réalise de nombreux projets et expositions depuis 2007.

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