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Il ne reste plus qu’un seul acheteur en lice pour acquérir des immenses terrains de l’ancienne raffinerie Shell de Montréal-Est, le plus grand site mis en vente à Montréal, selon l’agence immobilière responsable.

Le courtier Lloyd Cooper, de l’agence Cushman & Wakefield, confirme la nouvelle, mais souligne que le rigoureux processus n’est pas terminé. L’acheteur effectue sa vérification préalable et une entente finale ne devrait intervenir qu’au deuxième trimestre de 2017, indique M. Cooper.

Les quatre lots mis en vente à la mi-juin ont fait l’objet de plusieurs offres. L’agence immobilière ne divulgue toutefois pas les montants offerts ni l’identité du soumissionnaire retenu. «Nous sommes allés en appel d’offres nationales et internationales et après en avoir reçu de nombreuses, nous avons réduit la liste à sept, puis à un acheteur», explique M. Cooper.

Un projet en «cohésion» avec la région

Shell non plus ne souhaite pas révéler l’identité de l’acheteur potentiel, par respect pour les parties et une entente de confidentialité. Toutefois, le directeur immobilier de Shell Canada, Pierre-Olivier Simard, indique par courriel que le projet sélectionné était le meilleur «sur la base d’une cohésion avec la région industrielle avoisinante».

 

Totalisant près de huit millions de pieds carrés, les lots forment le plus grand site terrestre en vente sur l’île de Montréal, fait valoir le courtier. Ils ont accueilli la raffinerie Shell de Montréal-Est de 1933 à 2010. Ils font l’objet d’une décontamination depuis plus de cinq ans et doivent devenir disponibles à partir de 2017.

«On ne ramènera pas les raffineries de l’époque»

«Pour la Ville de Montréal-Est, c’est une excellente nouvelle de passer à une prochaine étape», dit le maire Robert Coutu. «La fermeture de la raffinerie était une décision d’affaires, on le sait, qui a touché 350 emplois directs et 150 indirects, mais là, j’envisage de meilleurs jours pour Montréal-Est sur le plan de la création d’emplois et de richesse.»

Le maire de Montréal-Est souhaiterait voir de l’industriel léger s’installer sur le terrain de Shell. «On a modifié le zonage pour respecter l’orientation de notre futur industriel, qui est en mutation», rappelle M. Coutu. «On ne ramènera pas les raffineries de l’époque. On le voit dans l’actualité, l’industrie est en transition entre les hydrocarbures et les énergies vertes.»

Il explique qu’il désire attirer des entreprises ou des investisseurs qui pourraient être clients ou fournisseurs de l’industrie pétrochimique de Montréal-Est. Il fait valoir la proximité de son territoire avec le Port de Montréal et la présence de réseaux routiers, ferroviaires et de pipelines. «La Ville de Montréal-Est existe à cause de ses industries, on ne se le cachera pas. Donc il faut à la fois les développer et les protéger», justifie-t-il.

Écologie industrielle

Le directeur général de l’Association industrielle de l’est de Montréal, Dimitri Tsingakis, fait particulièrement valoir le concept d’écologie industrielle, à savoir une sorte d’écosystème d’entreprises qui produisent ou transforment les mêmes produits ou sous-produits.

«Nous sommes heureux d’apprendre qu’il y a un acheteur», témoigne M. Tsingakis, dont l’association représente 14 entreprises. «La revitalisation du secteur industriel est importante pour nous […] On espère que tout développement se fasse dans un contexte d’écologie industrielle et de synergies entre les entreprises.»

Il cite en exemple la «chaîne du polyester de l’est», dans laquelle la raffinerie Suncor produit des xylènes, que ParaChem transforme, qu’Indorama PTA Montréal récupère pour faire la matière première dans la fabrication du polyester et que Selenis Canada transforme ensuite en un plastique recyclable.

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