Au terme d’une lutte chaudement disputée, Chantal Rouleau remporte son pari et permet à la Coalition avenir Québec de faire une première percée montréalaise.

Chantal Rouleau a obtenu 39% des suffrages. Son adversaire principal, Jean-Martin Aussant, en a obtenu 32,2%.

Elle succède à Nicole Léger, qui représente les électeurs presque sans interruption depuis 22 ans, et devient la première élue d’un autre parti que le Parti Québécois à représenter Pointe-aux-Trembles depuis la création de la circonscription, en 1988.

«J’ai été très fébrile ces derniers jours, la campagne a été très intense. Avoir à ce point la confiance des gens me touche beaucoup, et ils ne seront pas déçus», promet la nouvelle députée.

Cette dernière se dit heureuse de savoir que la campagne ait permis de mettre la lumière sur Pointe-aux-Trembles. «On a vu quels étaient les enjeux, et maintenant le travail commence.»

Mme Rouleau est l’une des deux seuls caquistes à avoir été élu sur l’île de Montréal; l’autre étant Richard Campeau, qui a défait le député péquiste sortant, Maka Kotto, dans la circonscription de Bourget.

Chantal Rouleau assure ne pas savoir si elle accédera au conseil des ministres. «Ce sera la décision du premier ministre, je ne connais pas l’agenda, assure-t-elle. Aujourd’hui, il fallait convaincre les gens d’aller voter, je suis allée les chercher et je suis fière et honorée. Pour le reste, on verra demain.»

Appelée à commenter sur l’importance de son élection pour la ville de Montréal, la nouvelle élue affirme «qu’il fallait qu’il y a au moins une personne élue. Je connais très bien Montréal, et je crois que j’ai pu démontrer que je peux être combative pour défendre ce à quoi je crois.»

Elle promet de travailler en collaboration avec les représentants municipaux: «On va avoir du plaisir parce que les choses vont avancer», promet-elle.

Mme Rouleau démissionnera donc de son poste de mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, qu’elle occupe depuis 8 ans, pour pouvoir siéger à l’Assemblée nationale.

Suzanne Décarie, actuelle mairesse suppléante, assurera l’intérim jusqu’à la tenue d’une nouvelle élection partielle qui couronnera un nouveau maire pour l’arrondissement.

En novembre, malgré la vague Projet Montréal, Chantal Rouleau avait remporté sa troisième élection à la mairie de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles avec un peu plus de 57% des voix.

Mme Rouleau a fait son entrée en politique municipale en 2010 au cours d’une élection partielle à la mairie de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Elle représentait alors Vision Montréal, le parti politique dirigé par Louise Harel. Elle s’est fait connaître pour sa lutte contre la corruption dans l’octroi des contrats municipaux.

En 2013, elle a quitté Vision Montréal pour rejoindre la nouvelle formation politique menée par l’ancien député fédéral, Denis Coderre. Lorsque ce dernier est devenu maire de Montréal, il a confié les dossiers touchant les infrastructures de l’eau à Mme Rouleau.

En février dernier, elle avait annoncé sa décision de se porter candidate pour l’élection provinciale sous la bannière de la Coalition avenir Québec. Elle avait notamment insisté sur le besoin de développer le transport en commun dans l’est de la métropole.

Jean-Martin Aussant déçu
Chantal Rouleau a défait Jean-Martin Aussant, un candidat vedette du Parti québécois, pour faire basculer un bastion péquiste de l’est de Montréal.

L’ex-député de Nicolet-Yamaska était revenu au PQ en février dernier après avoir fondé le parti Option nationale en 2011. Il avait battu Maxime Laporte, avocat et président de la Société Saint-Jean-Baptiste, lors d’une assemblée d’investiture, en avril dernier.

Jean-Martin Aussant s’est dit déçu des résultats, mais a voulu se montrer optimiste. «Bien sûr qu’il y a de la déception, nous avions vraiment une équipe formidable. Mais je crois toujours en la cause et je préfère penser que c’est le début de quelque chose. Il y a une vague, mais historiquement, les vagues ne durent pas 2 mandats.»

Questionné sur son avenir politique, M. Aussant assure qu’il veut contribuer au travail de reconstruction qui s’annonce pour le Parti québécois. «Un parti qui ne fait pas élire son chef et obtient de tels résultats doit faire une réflexion, juge-t-il, et je veux participer car il s’agit d’une cause qui m’est chère.»

Il n’a pas voulu s’avancer sur une future course à la chefferie.

Il ne peut expliquer les raisons d’un tel désastre pour son parti, «Non, je n’ai pas d’explications, lance-t-il spontanément. Il y a quelques choses d’étrange, certaines plate-formes étaient plus riches et plus concrètes, mais ce n’est pas celle que les gens ont choisi. Il faudra se demander pourquoi.»

Il ne regrette toutefois pas son choix de se présenter dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles. «C’était le meilleur choix possible, mais quand il y a une vague, il n’y a pas grand chose qui peut contrer ça, admet-t-il. J’ai de la déception, pas de regret.»

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!