Ville de Montréal Une unité d’ozonation et une unité de production d’oxygène devraient être installées pour 2018 à la station d’épuration des eaux usées de Montréal, dans l’est de la Ville.

Depuis près d’un mois, les travaux de préparation pour la future unité d’ozonation destinée à désinfecter l’ensemble des eaux usées de Montréal sont en cours. Malgré l’ampleur du projet, les désagréments pour les résidents du secteur devraient être minimes, selon la Ville.

Si tout va comme prévu, l’unité d’ozonation construite en marge de la station d’épuration Jean-R. Marcotte, dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, sera prête à la fin décembre 2018.

À terme, l’unité désinfectera les 30 mètres cubes d’eaux usées que traite la station chaque seconde, en moyenne. En 24 heures, cela représente environ le volume intérieur du Stade olympique, une capacité qui pourra être triplée en période de pluie abondante.

Actuellement, des ouvriers excavent les sites où seront construites les nouvelles installations. Les 100 000 mètres cubes de matériel excavé d’ici juin 2017 seront recyclés au site d’enfouissement de la station.

Durant une séance d’information publique lundi, le chef de la Direction de l’épuration des eaux usées, Richard Fontaine, a notamment expliqué que la construction d’un poste électrique et de bâtiments d’ozonation devrait commencée en juillet 2017. En septembre, ce sera au tour d’une unité de production d’oxygène.

« Impacts minimaux »

Les perturbations causées par le projet seront minimes pour le voisinage de la station d’épuration, ont assuré les responsables.

Selon M. Fontaine, le bruit de la machinerie lourde sera mitigé par la distance entre le chantier et les résidents, ainsi que par l’horaire des travaux. En outre, le bruit durant la phase d’exploitation devrait demeurer sous les limites permises par le gouvernement québécois et la Ville de Montréal.

Toutefois, le responsable de la station Jean-R. Marcotte a tout de même reconnu que le défrichage mené pour les projets immobiliers dans le secteur est préoccupant pour le contrôle du bruit et des odeurs. «J’aimerais vous rassurer en disant que chaque année, à la station d’épuration, on a un programme de reforestation […] C’est un élément clairement efficace qui vient atténuer le bruit et qui contrôle les odeurs », a-t-il fait valoir.

M. Fontaine a aussi annoncé qu’une portion de la piste cyclable passant dans la zone de travaux sera fermée et déplacée sur le boulevard Maurice-Duplessis l’an prochain. Des discussions sur le tracé ont lieu entre l’arrondissement, la station et Hydro-Québec, a-t-il mentionné.

Côté environnement, le directeur a fait valoir qu’aucun ouvrage n’aura lieu dans des milieux humides ou des cours d’eau, que la végétation typique dans les milieux perturbés est de faible valeur environnementale et qu’un inventaire de la faune et de la flore a été mené. Les seules espèces protégées présentes sur le site, des couleuvres brunes ou tachetées, étaient en faible abondance et font l’objet d’une campagne de relocalisation, a ajouté M. Fontaine.

Quant aux coûts du projet, réévalués à 351 millions de dollars en septembre dernier, M. Fontaine a indiqué que deux appels d’offres importants restent à faire. «Donc, je ne donnerai pas de coûts exacts », a-t-il déclaré. «Je ne suis pas en dépassement de coûts, mais il est clair qu’à mesure que les plans et devis avancent, on a une idée beaucoup plus précise des montants qu’on aura à débourser. »

Divers octrois de contrats et appels d’offres auront lieu entre janvier et août prochains.


Le projet en chiffres

  • 100 000 mètres cubes de matériel à excaver entre octobre 2016 et juin 2017 pour préparer les sites.
  • Près de 18 000 mètres carrés de superficie pour les installations, soit plus de trois terrains de football.
  • 11 650 mètres cubes de béton, soit presque 90 % du poids de béton du pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine.
  • 1 550 000 et 1 051 000 kilogrammes d’acier d’armature et de structure, soit 35 % du poids de l’acier de la Tour Eiffel.
  • Près de 60 kilomètres de câblage haut voltage à installer, soit un peu plus que la longueur de l’île de Montréal.
  • 50 mégawatts d’électricité additionnels nécessaire, soit le double de l’appel d’énergie actuel. La Ville dotera donc la station de son propre poste électrique.
  • Près de 4 kilomètres de conduites d’un diamètre moyen de 18 pouces à installer.

Source : Service de l’eau de la Ville de Montréal

 

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