Photo Nafi Alibert/TC Media Le ministre Barrette a inauguré la superclinique située au 12905 Rue Sherbrooke E en compagnie de certains membres du personnel de la Polyclinique et de Sylvain Tremblay, ​ directeur général adjoint du CIUSSS de l'est de l’Île-de-Montréal.

Gaëtan Barrette, le ministre de la Santé et des Services sociaux,  a officialisé aujourd’hui le nouveau statut de la Polyclinique Pointe-aux-Trembles qui devient la première superclinique de ce secteur de Montréal.

«Les services doivent se diriger vers les patients et non les patients vers les services», a déclaré M. Barrette lors de l’inauguration cette nouvelle superclinique qui apportera selon lui un meilleur accès au soin aux citoyens de la Pointe-de-l’Île.

Comment? En offrant aux patients davantage de services de soins interdisciplinaires, accessibles 12 h par jour, de 8 h à 20 h, 7j/7 en incluant les jours fériés. Ce point de service devra également offrir un minimum de 20 000 consultations par an aux patients qui n’ont pas de médecins de famille, ainsi que des services connexes comme des prélèvements, plus de pharmaciens, des travailleurs sociaux ou des psychologues. Les services d’imagerie, qui sont actuellement offerts à proximité de la superclinique, seront quant à eux disponibles à l’intérieur des locaux d’ici l’automne 2019 a garanti le ministre.

 

Réduire l’attente

«Le matin, il y a tout le temps un serpentin [de patients qui attendent] ici, c’est long; est-ce- que ça va être encore comme ça?», a lancé un citoyen au ministre Barrette alors qu’il donnait sa conférence de presse dans le hall de la Polyclinique Pointe-aux-Trembles.

Sans répondre directement à la question, le ministre a assuré qu’une application gratuite, Rendez-Vous santé Québec, sera bientôt lancée pour permettre aux patients de connaître à l’avance les disponibilités de chaque superclinique et éviter les longues files d’attente.

«C’est une obligation pour la clinique d’y participer», a-t-il précisé en assurant que d’ici «quelque temps», la nouvelle superclinique «fonctionnera à sa pleine capacité».

En outre, il sera également possible de s’inscrire dans les 3h avant la fermeture de la superclinique pour obtenir un rendez-vous dès le lendemain.

La clinique qui dessert un important bassin de population est devenue un Groupe de médecine de famille (GMF) en 2014. Cela avait déjà permis l’embauche de personnels supplémentaires comme des infirmières, des auxiliaires ou des techniciens qui sont venus alléger la charge de travail des médecins.

«Ça a été le début d’un changement assez radical pour nous», a souligné le Dr Mercier, responsable médical de la clinique depuis bientôt 10 ans.

«Nous étions une région de l’est de Montréal qui avait été délaissée depuis très longtemps au niveau de la couverture médicale, que ce soit par le manque de médecins ou encore par des départs rapides de ceux-ci, avec comme résultats indéniables une population qui était probablement plus malade, qui avait plus de morbidité et plus de mortalité qu’ailleurs sur l’ile de Montréal», a-t-il expliqué.

 

Opération séduction

Il y a actuellement 17 médecins qui offrent des consultations à la Polyclinique Pointe-aux-Trembles. «Nous offrons déjà à la population beaucoup de services […] et on le fait déjà à des heures défavorables», a indiqué le Dr Mercier qui espère que ce nouveau statut de superclinique incite davantage les nouveaux professionnels de la santé à venir exercer dans le secteur.

Sur ce sujet, le ministre Barrette a rappelé que le gouvernement n’avait pas le pouvoir légal de dire aux médecins à quelle adresse travailler. «Il y a quand même un recrutement à faire», a-t-il admis. «Ici, ça devrait être très attirant […] je n’ai aucun doute que le recrutement va se faire naturellement à cette clinique», ajoute-t-il.

M. Barrette a par ailleurs noté que la population de médecins de l’est de Montréal est «probablement une des plus vieillissante au Québec» et fait de la planification des départs à la retraite et de l’arrivée des nouveaux médecins sa «grande priorité».

Cette priorité est aussi celle du Dr Mercier. Le responsable médical de la clinique doit lui aussi jongler depuis une décennie avec les arrivées et les départs (parfois prématurés) des médecins.

«On compte tout de même améliorer les soins rapidement, mais est-ce qu’on en est sûr à 100%?, s’interroge-t-il. Il y a trop de variables à considérer pour y répondre maintenant.»

Une de ces variables touche justement aux embauches de personnels additionnels dans cette superclinique qui aurait de la place pour 5 nouveaux médecins. «Mais on ne peut pas recevoir 5 médecins instantanément, juste un ou deux par année, parce que les médecins qui sont déjà en place veulent continuer à faire du sans-rendez-vous et les médecins qui n’ont pas de clientèle veulent aussi en faire, donc il faut y aller progressivement», confie-t-il en avançant que cela pourrait déstabiliser les services.

La superclinique de PAT est la troisième du réseau du CIUSSS de l’Est de l’Île-de-Montréal, et la 14e de la région de Montréal.

 

 

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