Gracieuseté Les paires de gants ont été jetées dans un container de recyclage alors qu’elles étaient encore emballées dans du plastique sous vide.

Une citoyenne de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles a provoqué l’indignation de nombreux internautes en postant une photo de gants de boxe dans un container à déchets à l’Écocentre de RDP. Ils étaient manifestement neufs, mais les employés du site ne l’ont pas autorisée à les récupérer.

La stupéfaction a saisi Julie, dimanche 15 avril, lors d’une visite à l’Écocentre de Rivière-des-Prairies. Alors qu’elle était venue jeter plusieurs vieux objets avec son père et son conjoint, cette enseignante qui réside dans Pointe-aux–Trembles a été orientée vers le conteneur numéro 10 pour y recycler des vinyles usagés. Sur place, au milieu d’autres déchets, elle a découvert une pile de gants de boxe encore emballés.

«On voyait clairement qu’ils étaient neufs. Il y en avait vraiment épais, c’était par paires, des rouges et des noirs. Sans exagérer, il y en avait au moins 50 paires. Ça n’a pas de sens de jeter ça. J’ai dit à mon copain que j’allais les prendre, mais il a demandé aux employés avec mon père et ils ont reçu un non catégorique», raconte Julie.

Elle a publié une photo du conteneur sur les réseaux sociaux et a reçu des dizaines de commentaires d’indignation face à ce gaspillage. Sa publication a été partagée près de cent fois sur Facebook.

Du matériel qui aurait pu servir
En relayant cette histoire sur les réseaux sociaux, Julie espère aussi sensibiliser la population au gaspillage. «Dans les écoles ou les centres communautaires, on n’a pas grand-chose et ça peut aider. Mes élèves auraient été contents d’avoir des gants comme ça», se désole l’enseignante.

Cette histoire a directement touché Virginie Bacon-Thibeault qui travaille à l’école François-La Bernarde dans Pointe-aux-Trembles et qui tente de monter un programme de boxe dans les établissements secondaires.

«Je donne des formations à l’Université de Montréal et j’ai monté cela avec un de mes élèves Antonin Chevalier. On est allé chercher une subvention et on a eu dix paires de gants, mais comme on a entre 20 et 40 élèves, ils sont obligés de se les partager», raconte l’enseignante en éducation physique.

Avec l’athlète olympique Ariane Fortin, Mme Bacon-Thibeault essaye de développer ce programme dans tout le Québec en obtenant des aides pour acheter des équipements.

«On en a pour 5000 à 6000$ de matériel et là on voit une centaine de paires de gants gratuites dans un container. C’est niaiseux, ça m’a vraiment fâché», s’insurge-t-elle.

Virginie Bacon-Thibeault aurait au moins aimé pouvoir examiner ce matériel pour voir si il aurait pu correspondre aux besoins de son programme.

Réemploi ou recyclage
Contactée par TC Media, une des responsables de l’écocentre de RDP a expliqué qu’elle ne pouvait pas laisser les citoyens récupérer ce qui avait été jeté précédemment par d’autres personnes.

«L’un de nos règlements dit que tout ce qui est dans un container est la propriété de la Ville de Montréal. Il faut avoir une autorisation de la Ville pour récupérer quelque chose», a précisé cette dernière.

Dans ce centre qui est géré par l’administration municipale, tout ce qui est amené est examiné par les employés. Selon le descriptif donné par la personne qui vient jeter des déchets, s’ils présentent un risque d’hygiène ou de sécurité, ils sont immédiatement emmenés vers un container de recyclage. Sinon, certains objets peuvent passer par une filière de réemploi, mais uniquement s’ils correspondent à une liste précise des besoins.

«On ne garde que ce qui est sur la liste. Si les objets n’y sont pas, on essaye de référer les citoyens à des entrepôts où ils récupèrent, mais ils sont loin d’ici, à Verdun ou LaSalle, donc les gens préfèrent souvent jeter», a expliqué la responsable de l’écocentre.

Dans le cas des gants de boxe, cette dernière ne travaillant pas le dimanche, c’est son adjoint qui a géré le dossier. Elle n’a donc pas été en mesure d’indiquer si les gants avaient été jetés par mesure d’hygiène, de sécurité ou parce qu’ils ne figuraient pas sur la liste. Elle a néanmoins assuré que tous les déchets étaient acheminés vers des sites de traitement à des fins de recyclage.

Sensibilisation scolaire
Outrée par le refus des employés, Julie a quand même récupéré quatre paires de gants afin de transformer cet épisode fâcheux en atelier pédagogique dans son école primaire.

«On est le mois d’avril qui est celui de l’environnement, donc j’ai commencé ma journée de mardi en montrant la photo à mes élèves pour les sensibiliser et ensuite j’ai montré les gants. Même les enfants ils n’en revenaient pas, ça a au moins permis de faire une bonne discussion sur l’environnement», relativise-t-elle.

Mauvaise qualité
(Mise à jour) La personne qui a jeté les gants estime qu’ils ne sont pas réutilisables. Celui-ci a acheté un entrepôt d’équipements de sport et y a notamment trouvé ces paires qui sont en fait destinées à la pratique du karaté. Si elles sont effectivement neuves, il a préféré les recycler en raison d’une qualité médiocre.

«Les gants sont invendables, ils sont craqués, tout gommant. C’est du vinyle, mais ce n’est vraiment pas de la bonne qualité», précise cet homme.
Ce dernier est toutefois entré en contact avec Mme Bacon-Thibeault afin de lui offrir des équipements pour son programme de boxe à l’école.

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