Mario Beauregard/TC Media Yolette n'est plus en mesure d'organiser ses café-rencontres, ni ses activités de cuisine collective à cause de son local qui n'est pas adapté.

Loyer exorbitant, bureau sans fenêtre, espace au milieu d’un couloir… Plusieurs organismes communautaires de RDP disent être mal logés. Au point que cela les contraint parfois à réduite l’étendue de leurs activités.

Yolette Café soupire en faisant visiter le local qui héberge son organisme d’aide alimentaire.
«C’est toujours moi qui doit tout nettoyer ici», confie Yolette.

Les bureaux de l’organisme sont situés au rez-de-chaussée d’une maison qui héberge des locataires à l’étage. Le vestibule est partagé. La cuisine aussi.

Yolette pointe vers la serrure endommagée de la porte de la pièce qui lui sert d’entrepôt et de garde-manger. Quelqu’un l’a forcée pour voler de la nourriture destinée aux gens dans le besoin. Ce n’était pas la première fois.

Celle qui dirige le Centre d’entraide aux familles avait été contrainte de s’installer ici après avoir été évincée de son ancien local, transformé depuis en condos. Ça devait être temporaire. Cinq ans plus tard, elle y est toujours, déboursant mensuellement un loyer de 550$ pour un espace qu’elle n’utilise qu’un seul jour par semaine.

«Quand nous faisons la distribution des paniers le vendredi, j’ai mal partout à la fin de la journée. Il fait froid, la porte reste ouverte et les gens sont obligés d’attendre dehors parce que je n’ai pas de place ici», déplore Mme Café.

Contrainte de déménager en mai parce que le propriétaire veut faire des travaux majeurs, Yolette cherche activement un nouvel espace. Mais ce n’est pas facile, l’offre à Rivière-des-Prairies étant limitée. Soit les loyers sont trop chers, soit les lieux ne conviennent pas. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à en pâtir.

Vivable, mais pas sur du long terme
Hébergés gracieusement par la Corporation de développement communautaire de Rivière-des-Prairies (CDC) qui met à disposition le peu de locaux qu’elle a, de nombreux organismes disent être contraints de se satisfaire de peu.

Le Fond-Action Santé communautaire Bénise-Normil (FASCBN), par exemple, doit partager son espace avec le Centre de Développement des Compétences Éducatives et des Habilités Sociales (CDCEHS). L’un est présent les lundis et mardis et l’autre prend la suite les mercredis et jeudis. «C’est impossible pour nous de rencontrer des gens dans notre bureau. L’espace n’est pas fermé» détaille Pierre Reginald Azar, directeur général du FASCBN. Les deux organismes se partagent en fait une table qui leur fait office de bureau, dans le hall de la CDC. «Je suis un peu un itinérant», déplore Jean-Michel Piquant, directeur général de la CDCEHS, «quand je me déplace je suis obligé de transporter tous mes dossiers avec moi, je ne peux rien placer à la CDC. Cela ne fait vraiment pas sérieux» conclut-il.

«Les parents que je reçois sont vulnérables, fragiles. Ils ont besoin de se sentir bien accueillis, d’avoir un lieu pour se reposer. Mais ce n’est pas possible sans local, et je n’ai pas les sous pour un loyer»
Jean-Michel Piquant, directeur général de la CDCEHS

D’autres, comme la Maison des familles Cœur à Rivière, possèdent un vrai local fermé, mais au sous-sol et sans fenêtre. «Nous ne voyons jamais la lumière du jour. Ce n’est pas l’idéal quand nous recevons des familles qui ont besoin de se sentir bien accueillies», témoigne Nathalie Legros, intervenante pour Cœur à Rivière.

Des activités annulées
La petitesse ou la mauvaise configuration de leurs locaux obligent les organismes à réserver des espaces du Centre communautaire pour leurs activités. Or, celui-ci fonctionne déjà à pleine capacité. «Environ 50 à 60 % des salles polyvalentes sont utilisées le jour. Les soirs de semaine et le samedi, elles sont réservées à 80- 90 %», informe Mélanie Adam, chargée de communication pour l’arrondissement.

Même chose au Centre récréatif: «La grande salle est utilisée à 90% et les salles situées au deuxième étage le sont à 70 %, selon le jour et l’heure de la réservation» explique Mélanie Adam de l’arrondissement.

Les organismes sont donc contraints de revoir certaines activités, voire de les supprimer, s’ils n’ont pas réservé plusieurs mois à l’avance.

Un espace attendu
Le problème à RDP, c’est que l’arrondissement possède très peu de bâtiments à mettre à la disposition de ses organismes. Mais la construction de la future Maison de la culture pourrait, peut-être, en partie résoudre le problème. Des organismes l’espèrent en tout cas: «Nous misons vraiment sur ce nouvel espace. Même un local partagé nous irait» déclare Pierre Reginald Azar du FASCBN.

Présentement, la CDC travaille elle aussi sur cette problématique. Elle a demandé aux organismes de RDP de remplir un formulaire concernant leurs locaux. L’idée est de faire un portait de la situation pour pouvoir en parler avec l’arrondissement. Les deux entités travaillent ensemble pour voir ce qu’il sera possible de faire dans ce nouvel espace, attendu depuis des années.

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