L’unité de désinfection des eaux à l’ozone de la station d’épuration Jean R. Marcotte de Rivière-des-Prairies devait être mise en service en décembre 2018, mais elle ne «sera pas en opération en 2019 comme prévu», a indiqué la Ville de Montréal.

 

Les plans et certains éléments de ce projet estimé à 375 M$ ne sont pas finalisés et certains contrats n’ont pas été octroyés en raison d’un problème technique.

« L’usine devait être construite en 2018 et mise en opération progressive à partir de décembre 2018. Un problème technique a été décelé par l’équipe de projet et les plans et devis sont en suspens tant qu’une solution n’est pas identifiée», a expliqué l’attachée de presse du comité exécutif de la Ville Laurence Houde-Roy, ajoutant qu’il «serait irresponsable de poursuivre les démarches dans ce projet sans régler ce problème technique avant toute chose».

Malgré l’ampleur financière et environnementale du projet, Sylvain Ouellet, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable de l’eau et des infrastructures de l’eau, a décliné les demandes d’entrevues.

On ignore aujourd’hui la nature exacte du «problème technique», la date à laquelle l’unité sera mise en service et les conséquences financières de ce retard.

«Tant que la solution technique n’est pas identifiée, tant que les plans et devis ne sont pas terminés, il n’est pas possible de savoir s’il y aura une variation des coûts estimés», a fait savoir l’attachée de presse du comité exécutif.

Il a aussi été impossible de savoir qui des services de la Ville ou des contractuels extérieurs est responsable de trouver une solution à ce «problème technique».

Un projet ambitieux qui tarde à se réaliser

L’ambition d’installer une unité de traitement par l’ozone n’est pas nouvelle puisque cette technique de traitement est sélectionnée par la Ville en 2008 après des années d’étude.

En octobre 2014, alors que Denis Coderre est maire, la ville de Montréal octroi un contrat de 12 M$ à SNC-Lavalin et au cabinet Réal Paul Architecte pour des travaux d’ingénierie et d’architecture.

En mars 2015, un contrat de près de 99M$ est octroyé à une filiale de Suez Environnement, Degrémont Limitée, pour la fabrication, la livraison et la mise en service de l’unité d’ozonation.

Un fournisseur sélectionné, MetaWater USA,  qui a finalement refusé de faire une soumission, a pointé du doigt dans une lettre de 2014 le processus d’appel d’offres, l’absence de réponses de la Ville aux questions de l’entreprise, le manque de spécifications techniques, tout en  prédisant des «dépassements de coûts significatifs et un fardeau financier pour la Ville».

Un an et demi plus tard, la ville de Montréal reconnait que les coûts de ce projet sont supérieurs à ceux initialement estimés, passant de 210 M$ à plus de 350 M$.

En août 2017, l’administration Coderre accorde 12 M$ supplémentaires à SNC-Lavalin et au cabinet Réal Paul Architecte, car les architectes et ingénieurs étaient venus à bout des 105 000 heures de travail prévues dans le contrat, selon un article de La Presse paru dans la foulée.

Un poste électrique doit aussi être ajouté à l’unité d’ozonation. En mars 2017, sa construction est confiée à la compagnie Générale Électrique du Canada contre pour une somme de 31 M$. La Ville confirme que ces travaux sont en cours.

La station d’épuration est actuellement la troisième du monde en importance. L’ensemble des égouts de la métropole, les trois quarts des eaux usées domestiques du Grand Montréal et près de la moitié de celles du Québec y sont traités.

Un enjeu environnemental

Un document présenté au comité exécutif le 21 septembre 2016 explique que la désinfection à l’ozone amène à réduire les risques pour la santé humaine, protéger la faune et la flore aquatique, rétablir la qualité de l’eau après son utilisation et avant son retour dans le fleuve, et respecter les réglementations.

Ce procédé permet d’éradiquer quasi totalement les bactéries (coliformes fécaux et Entérocoques) et les virus (Coliphage), de réduire les contaminants (75% des antidépresseurs et anti-inflammatoires; 85% des perturbateurs endocriniens et 90% des hormones et antibiotiques), d’éliminer les goûts et les odeurs et de clarifier l’eau.

La présence de perturbateurs endocriniens dans les eaux actuellement rejetées dans le fleuve peut avoir des conséquences comme la stérilisation des poissons.

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