Quentin Parisis - Informateur RDP

La Société de transport de Montréal réclamera des dizaines de milliers de dollars à l’arrondissement de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles si ce dernier va de l’avant avec sa décision de suspendre une partie de la voie réservée pour autobus sur le boulevard Maurice-Duplessis.

Pour calmer la grogne chez des citoyens qui craignent notamment de perdre des espaces de stationnement sur rue, l’arrondissement de RDP-PAT a voté à l’unanimité pour créer une zone de relâchement sur la voie réservée du boulevard Maurice-Duplessis, mise en service il y a à peine deux mois.

Or, cela couterait 80 000 $, un montant que la STM «ne pourra et n’entend pas assumer, alors que le projet a été implanté avec l’accord de l’arrondissement», selon une lettre signée par Philippe Schnobb, président du conseil d’administration de la STM, et dont l’Informateur a obtenu copie.

La missive envoyée à Éric-Alan Caldwell, responsable de l’urbanisme, du transport et de l’Office de consultation publique au comité exécutif de la ville Montréal, précise que ce sera à l’arrondissement de RDP-PAT de défrayer l’ensemble des coûts.

Selon la STM, la suspension partielle de la voie réservée bus-taxi-vélo sur le boulevard Maurice-Duplessis, entre les avenues André-Dumas et Pierre Baillargeon, nécessiterait une dépense de 19 000 $ pour les travaux de marquage, d’enlèvement de la signalisation et de surveillance de chantier.

De plus, M. Schnobb anticipe une perte de subvention équivalente à environ 60 000$ de la part du ministère des Transports du Québec, une baisse qui s’expliquerait par la diminution de 13% du nombre de kilomètres sur la voie réservée pour autobus.

Un montant remis en question
Suzanne Décarie, mairesse intérimaire de RDP-PAT, émet des doutes sur le montant réclamé par la STM, affirmant qu’il n’est basé que «sur des spéculations». Avant de payer, l’arrondissement voudra effectuer des vérifications approfondies sur cette question.

Elle dit y voir une manœuvre politique de la part de la Ville et n’hésite pas à parler d’un «coup de force du comité exécutif.»

Rappelons que la ville de Montréal avait demandé à la STM de produire une analyse supplémentaire des impacts qu’aurait une zone de relâchement, et ce, après que les élus locaux se soient déjà prononcés en faveur d’une telle mesure.

Giovanni Rapanà, le conseiller de ville indépendant qui est monté au créneau pour défendre le point de vue des résidents mécontents, qualifie «de non-fondée» la demande de dédommagement de la STM, croyant que «les citoyens n’ont pas été écoutés à l’origine sur ce dossier».

La ville de Montréal, par l’intermédiaire de son attachée de presse, Geneviève Jutras, a expliqué vouloir «s’asseoir avec l’arrondissement et la STM» pour discuter des derniers éléments.

La question de l’avenir de la voie réservée pour autobus du boulevard Maurice-Duplessis est devenue un enjeu politique dans l’arrondissement de RDP-PAT, où les électeurs se rendront bientôt aux urnes dans le cadre d’une élection partielle à la mairie.

Caroline Bourgeois, candidate de Projet Montréal, souligne «l’ouverture au dialogue» de la STM et s’engage, en cas de victoire, à «prendre contact avec la STM dès le lendemain pour tenir rapidement une rencontre».

Elle estime par ailleurs qu’il est de la responsabilité des élus de « de consulter, et surtout en amont, celles et ceux qui sont directement touchés par ce genre de projet, afin d’éviter de se retrouver dans des situations comme celle que l’on connaît aujourd’hui, et qui est loin d’être idéale».

Manuel Guedes, candidat d’Ensemble Montréal, se dit lui aussi «favorable à trouver un terrain d’entente avec la STM et à ce que la voie de relâchement se fasse», puisque «tous les élus de l’arrondissement étaient en faveur de ce relâchement, y compris Lisa Christensen de Projet Montréal».

Dans sa lettre adressée à M. Caldwell, la STM défend l’utilité de la voie réservée du boulevard Maurice-Duplessis, desservie par trois lignes d’autobus.

Elle soutient que «le projet n’a pas d’impact significatif sur la disponibilité de stationnement sur rue dans les zones limitrophes et implique donc uniquement des changements dans les habitudes de stationnement comme c’est le cas dans tout projet de cette nature».

Un éventuel relâchement «entraînerait également une perte de continuité du service et obligerait les autobus à sortir et rentrer de la voie réservée», selon la STM, ce qui aurait pour effet réduire  le niveau de fiabilité et de ponctualité du service global.

La création de la voie réservée bus-taxi-vélo du boulevard Maurice-Duplessis, sans zone de relâchement, avait initialement été approuvée à l’unanimité par le conseil d’arrondissement de RDP-PAT, en juin dernier.

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