Photo TC Media - Jean-Marc Gilbert Pierre Réginald Azar espère bientôt pouvoir offrir ses services à un plus grand nombre de personnes.

Rivière-des-Prairies est le deuxième secteur ayant la plus forte prévalence de diabète de type 2 à Montréal. C’est pour contrer celle maladie chronique dévastatrice, qui serait particulièrement dommageable pour la communauté haïtienne, qu’un jeune homme a fondé un organisme voué à la prévention.

Né en Haïti, Pierre Réginald Azar n’avait 14 ans lorsqu’il a perdu sa mère, en raison du diabète et de l’hypertension. L’homme maintenant âgé de 26 ans veut éviter que d’autres ne subissent le même sort, d’autant plus que les personnes d’origine haïtienne ont tendance à développer cette maladie en plus forte proportion.

«Historiquement, les personnes noires ont plus tendance à développer cette maladie. De plus, la cuisine haïtienne est très riche en sucre. Il faut donc tenter de changer leur alimentation et ça demande beaucoup de conscientisation», analyse-t-il.

Plusieurs facteurs
Si l’on ajoute à ces facteurs le stress que peuvent vivre les immigrants ou une faible pratique d’exercice physique, tous les éléments sont réunis pour le développement du diabète à un âge précoce.

Le Fond-Action santé communautaire Bénise Normil (FASCBN), appelé ainsi en l’honneur la mère de M. Azar, a vu le jour en 2014.

À la recherche de subventions et seul salarié pour l’instant, le fondateur et des bénévoles ont été en mesure d’accompagner une quarantaine de personnes jusqu’à maintenant.

«Pour résoudre le problème, il faut aller en amont et trouver des solutions durables pour retarder le développement de la maladie», dit M. Azar, qui passe la majorité de son temps à intervenir auprès de la jeunesse, notamment en visitant les lieux où elle se rassemble, comme les maisons de jeunes.

Il croit que la solution réside dans l’accumulation de petits gestes plutôt simples, comme de boire un verre d’eau plutôt qu’un verre de jus.

Statistiques
Du côté du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île de Montréal, le rapport annuel de gestion 2013-2014 indique que la «Pointe-de-l’Île est le territoire où l’on trouve le plus de personnes atteintes de maladies chroniques à Montréal».

Rivière-des-Prairies compte 34 % d’immigrants, dont plusieurs de la communauté haïtienne.

«Avec une prévalence de 10,2 %, le secteur de Rivière-des-Prairies figurait parmi les quartiers où la prévalence [du diabète] était la plus élevée à Montréal», ajoute-t-on, dans le rapport.

Seul le territoire Saint-Léonard-Saint-Michel affichait un tôt plus élevé dans la métropole, avec 10,4 %.

Nathalie Rochon, conseillère en prévention et promotion de la santé au CIUSSS, estime aussi que les gestes quotidiens font partie de la solution.

«Faire trois fois 10 minutes d’exercice vaut la même chose que 30 minutes. On peut stationner la voiture plus loin et marcher ou prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur.»

Pour aider les gens souffrant de diabète, le CIUSSS offre une gradation dans son offre de service, question de répondre adéquatement aux besoins, selon le stade de la maladie et la difficulté qu’éprouvent les patients à la contrôler.

On explique que l’idée est de travailler en complémentarité avec différents organismes, comme celui de M. Azar.

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