Collaboration spéciale 33 jeunes incarcérés à Cité des Prairies ont participé volontairement et anonymement à ce projet.

Incarcérés à Cité des Prairies, un centre de réadaptation pour jeunes délinquants, 33 jeunes de 16 à 18 ans ont pris la plume pour raconter les problèmes qui ont mené à leur arrestation dans Parcours: chacun son temps.

Besoins d’argent, profilage racial, soucis d’intégration, de drogue, dérapages familiaux, décès d’un proche. Entre récits, témoignages, chansons et poèmes, des dizaines d’histoires à l’origine des maux de ces adolescents se mêlent dans cet ouvrage signé par le collectif Porte-voix et porté par Funambules Média, qui a rapidement réussi à convaincre ces jeunes.

«Ils voulaient apporter une réflexion sur leur réalité», explique Emily Laliberté, coordinatrice de ce projet débuté l’an passé à travers des tours de table organisés au Centre jeunesse de Montréal, l’organisme responsable du site pénitencier prairivois, sur un rythme de deux à trois heures par semaine.

«Ces jeunes n’ont pas l’habitude que l’on s’intéresse à leur parole. Ils n’ont pas l’impression que leur voix compte sur la place publique, ils se sentent peu visibles.»

Pauvreté, racisme, violence
Alors qu’émotion, authenticité, mots crûs et parcours touchants s’enchaînent durant une centaine de pages où les thèmes de la pauvreté, du racisme et de la violence reviennent sans cesse, «aucune parole n’a été censurée», précise Mme Laliberté.

Le chercheur et intervenant au Centre jeunesse René-André Brisebois y voit quant à lui un outil précieux de sensibilisation.

«Ce livre donne accès au passé, à la croyance, l’attitude, l’envie, la perception de ces jeunes. Ils ont vécu beaucoup d’éléments traumatiques que la majorité de la population ne connaît pas. Pour les policiers et les personnes travaillant dans ces centres, cela est très utile. Même si l’on n’excuse pas forcément ces comportements, on peut les comprendre.»

Des citoyens qui voudront se faire entendre
Si la majorité des auteurs, qui gardent l’anonymat, sont à présent libres, le collectif Porte-voix espère que cet exercice d’écriture influera sur le futur de ces ex-contrevenants.

«Lorsqu’ils ont lu tous les textes, ils ont vu que d’autres partagent un vécu identique. Avant, ils se sentaient seuls, estime Mme Laliberté. Ultimement, cela pourrait en faire des citoyens plus engagés qui voudront se faire entendre.»

Parcours: chacun son temps, tiré dans un premier temps à 500 exemplaires, sera distribué gratuitement dans les locaux de Funambules Médias et auprès de policiers, décideurs publics et organismes œuvrant avec des jeunes dans des quartiers sensibles.

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