Emmanuel Delacour/TC Media Les résidents du coin peuvent trouver des fruits comestibles dans la ruelle verte Basile-Patenaude.

Itinérance, bouteilles en verre brisées et déchets de toutes sortes, des citoyens écœurés par ce portrait avec lequel ils devaient vivre quotidiennement ont décidé de prendre les choses en main pour créer leur propre espace vert.

Président du jardin communautaire Basile-Patenaude depuis cinq ans, David-Alexandre Boutin, a pu constater l’état lamentable des lieux lorsqu’il est entré en fonction.

«Les terrains vagues qui font le pourtour du jardin ont toujours été jonchés de déchets. Le secteur de la rue Basile-Patenaude est l’un des plus défavorisés de l’arrondissement. Les gens nous ont fait savoir qu’ils ne se sentaient pas en sécurité lorsque nous avons fait des consultations publiques sur le projet», raconte M. Boutin.

À la veille du dévoilement de la ruelle verte comestible, près de 150 arbres et arbustes, tous arborant baies et fruits qui peuvent être consommés gratuitement par les résidents, dominent désormais le paysage.

Plantes qui encouragent la pollinisation, d’autres pour favoriser la présence de papillons monarques, et même un petit champ de maïs. Tout un concentré d’agriculture urbaine se retrouve sur ce terrain à quelques pas des rues Masson et d’Iberville.

«Tout le monde peut venir se servir et les résidents restent très respectueux des plants.»

-David-Alexandre Boutin, président du jardin communautaire.

«J’adore ça, c’est vraiment une super idée», s’exclame Patrick Séguin, un résident du secteur. Celui-ci qui aime promener son chien sur ces sentiers est étonné du changement. «Avant les gens ne ramassaient pas les excréments de leurs animaux, et je dois reconnaître que ça ne m’incitait pas à le faire non plus. Maintenant, j’ai des amis qui viennent prendre un verre ici», affirme-t-il.

Une aventure qui pique l’intérêt
C’est il y a trois ans que naît l’idée d’aménager les 20 000 pieds carrés qui encerclent l’espace du jardin pour leurs donner une nouvelle vie. Quelle ne fut pas la surprise du président lorsque celui-ci apprit qu’une partie du terrain vague était déjà loué dans le bail du jardin communautaire.

Même si M. Boutin possède une formation en technique forestière, ce dernier assure que n’importe quel groupe de résidents déterminés peut accomplir le même type de projet. «Si les gens s’impliquent comme ici, c’est un projet qui fonctionne presque par soi-même», assure-t-il.

«C’est le genre d’initiative citoyenne que nous voudrions voir plus souvent, souligne Mikael St-Pierre, directeur adjoint à la Société de développement environnemental de Rosemont (SODER). Nous aidons les citoyens à la conception de plans et la production de mobilier pour les ruelles vertes, mais c’était très bien organisé ici, nous avons surtout prêté main-forte pour l’excavation de la terre et pour la création d’une murale.»

Inaugurée le mercredi 21 septembre, la ruelle verte comestible Basile-Patenaude sera la cerise sur le gâteau pour la SODER qui cette année encore célébrera la création d’une quinzaine de chemins verts dans l’arrondissement.

Déjà pour l’an prochain, M. Boutin prévoit l’expansion de son espace pour répondre à la demande de nombreuses familles qui veulent participer au jardin communautaire. Une fermette éducative, qui pourrait inclure un poulailler, ferait partie du projet.

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