Après 35 ans au poste de conseiller de Ville Saint-Laurent puis d’arrondissement, Maurice Cohen quitte son siège fier du travail accompli. Arrivé dans les années 1960 au Québec, le Laurentien de 82 ans raconte son parcours, de coiffeur à politicien, à l’occasion d’un dernier conseil d’arrondissement chargé en émotions.

«C’est avec un pincement au cœur que je tourne la page sur ce chapitre de ma vie active», a déclaré le conseiller de Côte-de-Liesse lors de son dernier conseil d’arrondissement chargé en émotions, le 3 octobre.

De coiffeur à politicien, son parcours est «toute une histoire», raconte M. Cohen. Alors que son salon à Casablanca connaissait beaucoup de succès, il quitte le Maroc «pour l’avenir de ses enfants».

«J’ai choisi le Québec en raison du français. Le lendemain de mon arrivée, j’avais un travail. Seize mois après, j’ouvrais mon salon, dans Côte-des-Neiges», se souvient-il.

Il s’implique dès lors au sein de l’Association sépharade francophone pour aider les nouveaux arrivants. Il se fait aussi de nombreux contacts, car «un salon, ce sont des relations publiques».

Lorsqu’il déménage à Saint-Laurent, dans les années 1970, il intègre un petit comité juif et apprend peu à peu à connaître les membres du conseil, qui comptait 14 élus à l’époque.

«Je ne voulais pas me présenter contre quelqu’un qui était déjà en poste. Quand le district de Thimens a été créé, j’y suis allé. J’ai battu des ingénieurs et des avocats par le porte-à-porte. Il y a deux sortes de politiciens: ceux de discours et ceux de terrain. Je suis des deuxièmes, proche des citoyens», précise-t-il pour expliquer son succès.

Les mandats successifs n’ont pas empêché M. Cohen de poursuivre son implication communautaire. Il est le cofondateur de l’école Maïmonide, la première école juive francophone de la province, et du centre communautaire Petah Tikva, situé sur la rue Saint-Louis.

Depuis 2000, il s’est également vu confier d’importants dossiers par les maires de Montréal en tant que membre élu du conseil d’administration de la Fédération canadienne des municipalités, qui regroupe toutes les villes du pays.

«Quelle fierté d’avoir vu le développement de Saint-Laurent. Bois-Franc était une piste d’atterrissage. Dans le Nouveau Saint-Laurent, il n’y avait que des fermes, près de la rue Saint-Louis, des champs. Aujourd’hui, les plus grandes entreprises du monde veulent s’installer ici.» — Maurice Cohen, conseiller d’arrondissement du district Côte-de-Liesse

Hommages
Lors du dernier conseil d’arrondissement, le 3 octobre, la conseillère Michèle D. Biron, elle aussi élue depuis 1982, avait la voix chargée d’émotion alors qu’elle se rappelait les années passées aux côtés de son collègue.

«Nous sommes tous les deux remplis de souvenirs incalculables. Ton intégrité, ta bonne humeur et ton sens zen ont toujours fait en sorte que tu mettais le calme autour de nous», a-t-elle précisé.

Dans une lettre, Stéphane Dion, élu pendant 21 ans à Saint-Laurent, a aussi tenu à souligner le passage de M. Cohen. «L’élu coiffeur qui, par son humour, a décoiffé les citoyens de leurs soucis trouvera certainement le moyen de nous décoiffer encore et encore», a signé l’ancien député fédéral, se disant «comme lui, Laurentien de cœur et pour toujours».

Qualifié de mémoire institutionnelle, M. Cohen aura été un modèle pour plusieurs, dont le conseiller Francesco Miele. «Alors que je faisais campagne [en 2010], je m’apercevais qu’il était une institution dans le district. C’est un exemple à suivre, un sens du respect du citoyen hors du commun», a-t-il indiqué.

Le maire Alan DeSousa a aussi reconnu sa bienveillance, ajoutant que M. Cohen manquera à tous.

Pour sa part, le maire de Montréal, Denis Coderre, a tenu à lui offrir l’emblème du 375e anniversaire de la ville, une cloche qui symbolise l’arrivée de Paul de Chomedey de Maisonneuve et de Jeanne Mance à Ville-Marie.

«Ce dont je suis le plus fier, c’est certainement d’avoir donné le goût à mon fils Jacques de marcher dans mes traces», a conclu M. Cohen.

Pour voir l’hommage à Maurice Cohen:

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