Yves Provencher/Métro

Une quarantaine de professionnels de soins en santé mentale de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal ont manifesté lundi midi devant le pavillon Albert-Prévost de leur établissement pour dénoncer la suppression de douze postes.

Des travailleurs sociaux, des infirmières, des ergothérapeutes et des psychologues perdront leur emploi en janvier, ce qui aura, selon eux, un impact sur les services rendus à la population. Les listes d’attente pour recevoir des services en santé mentale risquent de se rallonger à cet hôpital, croit Daniel Dubé, responsable politique à l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui représente plusieurs d’entre eux.

«Si les patients ne sont pas pris en charge à temps, leur état peut se détériorer. Ils peuvent avoir des problèmes avec la justice, consulter de façon plus fréquente ou devoir être réhospitalisés», s’inquiète Luc Gamache, travailleur social à Sacré-Cœur.

M. Gamache suit présentement 90 patients, principalement pour des problèmes de schizophrénie, en leur faisant notamment des plans d’intervention spécialisés. On lui a annoncé qu’à partir du 5 janvier, le poste de sa seule collègue, Jennifer Tousignant, qui est aussi en charge de 90 dossiers, sera supprimé.

«J’ai déjà une surcharge de travail, puisque l’idéal pour faire un bon suivi de mes patients serait d’en avoir 45», a souligné le travailleur social.

Un effort budgétaire de 2M$ est imposé à l’Hôpital du Sacré-Cœur (HSC) en 2015 par le gouvernement du Québec. Les compressions toucheront principalement les services en santé mentale. Selon Josée-Michelle Simard, coordonnatrice du service des communications à l’HSC, des patients seront transférés vers les services de première ligne comme les CLSC, en conformité avec les orientations du Plan d’action en santé mentale du ministère de la Santé. «Ce sont les personnes stabilisées qui seront réorientées vers la première ligne», a spécifié Mme Simard.

M. Gamache et Mme Tousignant ne sont toutefois pas convaincus que la clientèle, dont une partie importante est aux prises avec des problèmes lourds, pourra être adéquatement prise en charge en première ligne.

«Plusieurs d’entre eux n’ont pas de médecins de famille et ils risquent d’être délaissés par le système, estime Mme Tousignant. Par ailleurs, ce n’est pas idéal pour eux de changer de professionnel, parce que la stabilité les aide avec leur problématique.»

Il n’a pas été possible de savoir de quelle manière des ressources seront concrètement être ajoutées dans le réseau pour que les patients soient pris en charge en première ligne, mais l’HSC, l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal et l’attachée du ministre Gaétan Barrette ont assuré que tout allait être mis en place pour que les services ne soient pas perdus.

 

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