Une nouvelle aire de jeu du parc Ferland se démarque non seulement par ses couleurs vives, mais également parce qu’elle est la première à Montréal à avoir été conçue «spécialement pour les enfants ayant une limitation fonctionnelle ou cognitive, telle que le trouble du spectre de l’autisme», annonce l’arrondissement Saint-Léonard.

Sous la large glissoire du module, le traditionnel sable a été remplacé par un revêtement en caoutchouc. Une clôture encercle également l’aire de jeux, question d’assurer la sécurité des enfants. Les larges escaliers et glissade, mêlés aux barreaux et aux cordes, donnent un éventail de possibilités aux enfants, qui n’ont pas tous les mêmes limitations.

«Il y avait beaucoup de demande dans l’arrondissement et des familles près du parc», indique Lili-Anne Tremblay, conseillère d’arrondissement, tout en précisant que l’aire de jeux est accessible à tous.

Saint-Léonard a investi 53 000$ dans la réalisation de ce projet qui s’avère être, selon l’arrondissement, une première dans les parcs publics de la ville.

Expérience positive
TC Media a visité l’endroit en compagnie de Sonia Gildone, mère de Gianni, 5 ans, et de Fabio, 6 ans. Le premier est autiste, le deuxième est atteint du syndrome Gilles de la Tourette, de troubles mixtes de langage, de trouble moteur et de trouble d’attention avec hyperactivité.

«La première priorité, c’est la sécurité. Souvent les terrains de jeux sont à aire ouverte, indique Mme Gildone, à propos de la clôture qui encercle l’aire de jeux. Mes enfants n’ont pas conscience du danger, et oui ils peuvent s’enfuir.»

L’absence de sable rend l’aire de jeux non-seulement accessible aux personnes en fauteuil roulant, mais également plus agréable l’expérience des enfants autistes, pour qui le sable peut être distrayant.

«C’est super parce qu’ils vont être plus portés à aller jouer dans le module plutôt que dans le sable, et ils ne se mettront pas à en lancer», fait remarquer Mme Gildone.

Initiative saluée
Leur professeur d’éducation physique spécialisée, Jean-Charles Grellier, applaudit l’initiative de l’arrondissement Saint-Léonard.

«La tolérance en société commence déjà dans les parcs et dans les jeux. C’est comme ça qu’on apprend la différence et on doit donner l’exemple aux enfants dès le début», rappelle le kinésiologue dont l’approche est individuelle avec les enfants à besoins spéciaux.

Selon lui, le parc encerclé d’une clôture et muni d’un revêtement caoutchouteux est l’endroit idéal pour tous les enfants. Le thème marin lui inspire un jeu où il faudrait éviter de tomber dans l’eau, par exemple.

«Mais les enfants autistes ne vont pas nécessairement utiliser le jeu comme il a été conçu. Il faut que l’autiste arrive à décoder le thème, il faut les guider», explique le spécialiste.

«Tous les enfants n’ont pas non plus les mêmes limitations fonctionnelles et la connaissance du danger», affirme M. Grellier ou cognitives. Chacun trouvera donc sa manière de jouer dans cet espace.

Effectivement, il aura fallu que Gianni grimpe et glisse une quinzaine de fois avant que son frère ne s’y aventure. Fabio, qui a «peur de l’échec», a préféré rester en basse altitude et se servir de la tortue fixée au sol comme d’une mitraillette.

«Souvent on veut adapter les situations, les sports, les jeux mais il faut aussi aider les enfants à s’adapter et à apprendre comment s’y prendre», nuance M. Grellier.

Selon l’organisme Ex-Aequo, la notion d’adaptation est une chose, mais l’important est surtout l’accessibilité universelle.

Développement moteur et social
Le soir de la visite de TC Media, une trentaine d’enfants se partageaient les balançoires et la glissade, dans laquelle certains ont pris plaisir à glisser en équipe de deux.

Selon la mère d’un autre enfant autiste, Sabiha Haouche, une affiche devrait aviser les utilisateurs de l’aire de jeux de sa spécificité, ce que l’arrondissement Saint-Léonard prévoit déjà installer à l’automne.

«Il faut que les gens le savent qu’elle est adaptée, pour que les autre enfants et parents fassent attention», souligne-t-elle.

«Même si c’est utile au développement moteur des enfants, ça permet un développement au niveau social et même cognitif. Un parc, c’est la base de tout, c’est là qu’ils vont apprendre», rappelle Jean-Charles Grellier.

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