Photo: TC Media - Félix O.J. Fournier Maxime Tremblay, copropriétaire de l'épicerie Le 3734 , ne s'explique pas pourquoi le commerce a été pris pour cible.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) assure depuis la fin de semaine une plus grande présence dans le secteur de la rue Notre-Dame Ouest, dans Saint-Henri, à la suite du vol commis samedi soir dans une épicerie par un groupe d’une trentaine de personnes masquées.

«Nous intensifions nos patrouilles», indique Sylvain Parent, commandant du poste de quartier 15 du SPVM.

Il était environ 20h30 quand les personnes cagoulées et vêtues de noir ont fait irruption dans l’épicerie Le 3734 située sur la rue Notre-Dame. Une seule employée était sur place. Ils ont volé des aliments pour ensuite coller des tracts dénonçant l’embourgeoisement de Saint-Henri. Ils ont pris la fuite avant l’arrivée des policiers. La commis n’a pas été blessée.

«Je ne comprends pas qu’on soit une cible. Ils ont essayé de trouver un symbole. Pour eux l’épicerie représente un truc trop à la mode», avance Maxime Tremblay, copropriétaire du commerce.

L’établissement, qui est engagé dans des causes sociales avec son service de traiteur, ne représente pas à ses yeux un symbole du capitalisme sauvage. «Nous ne sommes pas de gros investisseurs qui ont plusieurs adresses à Montréal», lance-t-il.

Ce n’est pas la première fois que le commerce est ciblé par des vandales qui s’insurgent contre l’embourgeoisement. Il a déjà goûté il y a quelques mois aux graffitis, aux vitrines rayées et à la colle dans la serrure. Des commerces voisins avaient subi le même sort. «À ce moment, on ne sentait pas que ça nous visait personnellement», explique M. Tremblay.

Groupe organisé
Le SPVM a ouvert une enquête. «On a affaire à un groupe organisé. Ils savaient par où prendre la fuite. En deux minutes tout était fait», constate Sylvain Parent.

Les policiers ont notamment retrouvé des gants et des cagoules sur la voie ferrée au sud de Notre-Dame. «Ils ont laissé tomber leurs vêtements pour prendre la fuite sur Saint-Ambroise», explique le commandant.

Il y a un an, une dizaine d’individus cagoulés avaient fracassé en une soirée les vitrines de quatre commerces de la rue Notre-Dame. «Mais il est trop tôt pour faire des liens avec ce qui s’est passé samedi et d’autres incidents», fait savoir M. Parent.

«Les gens ont le droit de revendiquer, de faire connaître leur position et préoccupations. Mais les actes commis dans ce commerce sont inadmissibles», déplore le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais.

«Gérer la question des déséquilibres ne se fera pas avec du vol et de l’intimidation», souligne Craig Sauvé, conseiller municipal et président de la Table de sécurité urbaine de l’arrondissement.

Pour Shannon Franssen, coordonnatrice de Solidarité Saint-Henri, l’embourgeoisement a des impacts dans le quartier et l’incident survenu samedi est l’une des conséquences. «La violence n’est pas une solution. Ce n’est pas le genre de chose qu’on veut qui se produise dans le quartier», insiste-t-elle.

Les organismes membres de Solidarité Saint-Henri développent présentement des stratégies pour limiter les impacts de l’embourgeoisement. Mme Franssen évoque la nécessité d’adopter des mesures favorisant la construction de logements abordables et permettant de limiter l’augmentation des loyers commerciaux.

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