Archives/TC Media Le maire de Verdun Jean-François Parenteau.

Plus de 48 heures après avoir inventé qu’un adolescent s’était blessé sur le chantier du nouveau skatepark de l’arrondissement, le maire de Verdun Jean-François Parenteau a fait son mea culpa. «Ce n’était pas ma meilleure idée d’imaginer cette histoire, admet-il, dans le but de donner une leçon» au conseiller de l’opposition, Sterling Downey.

La nouvelle, qui s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, a contraint le maire à s’expliquer sur toutes les tribunes.

«Ça faisait une semaine que j’avertissais M. Downey qu’il devait arrêter de publiciser le skatepark avant son ouverture, et d’y prendre des photos, alors que c’est illégal et dangereux d’entrer sur un chantier de construction. Comme ça ne menait à rien, j’ai voulu utiliser une formule-choc», explique M. Parenteau.

Le premier élu de Verdun a même publié un long message sur sa page Facebook afin de s’excuser auprès des citoyens, mardi, en fin de journée. Il y explique que son intention était de prioriser la sécurité.

«Imaginons s’il y avait effectivement eu un accident. Comment aurions-nous pu justifier qu’un élu se retrouve dans un chantier de construction de façon illégale, entouré de jeunes. Avec le recul, j’aurais dû porter plainte officiellement contre M. Downey, mais je ne voulais pas politiser la question.»

Intimidation
Dimanche soir, les élus de Verdun ont reçu un texto de la part du maire Parenteau les avisant qu’un adolescent de 14 ans avait dû être hospitalisé après s’être frappé la tête sur la tige d’un fût de lumière qui n’a pas encore été installé.

Le message stipulait également que le jeune se trouvait dans un état grave à l’Hôpital de Montréal pour enfants, et que les élus qui avaient fait la promotion du parc pendant qu’il était encore en chantier devaient s’attendre à s’expliquer dans les médias.

Le conseiller Sterling Downey, qui est aussi un planchiste très impliqué dans le projet du skatepark, s’est alors empressé d’écrire un message de prévention sur sa page Facebook.

«C’était mon devoir en tant qu’élu de demeurer transparent et de rappeler aux planchistes qu’ils devaient être très prudents et conscients dans la pratique de leur sport et dans le choix des lieux où ils le font. Quand j’ai su que l’histoire était inventée de A à Z, j’étais consterné. J’avais déjà reçu plusieurs messages de parents inquiets. Ce mensonge a impliqué beaucoup de d’intervenants pour rien.»

Dans les dernières semaines, Sterling Downey a publié à de nombreuses reprises des photos des sportifs en action au skatepark sur les réseaux sociaux. Il est également monté lui-même sur sa planche à deux reprises, avec l’accord du designer du parc.

«Ce qui me déçoit le plus, c’est que l’attitude du maire augmentera le cynisme envers les politiciens. Nous sommes supposés être honnêtes et transparents. L’intimidation n’a pas sa place en politique.»

Depuis quelques semaines, le chantier du skatepark, situé au Parc Arthur-Therrien, est envahi de parents, enfants et planchistes professionnels de partout à Montréal. Samedi dernier, plus de 100 personnes y ont fait des prouesses, malgré le fait que l’inauguration officielle n’aura lieu que le 23 novembre prochain.

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