Un nouveau site internet permet désormais aux locataires de rendre public leur loyer, afin de faciliter la recherche de logement.

À partir de la page de monloyer.quebec, une entreprise sociale à but non lucratif, on peut déjà retrouver près de 530 entrées sur une carte interactive. Les informations fournies incluent l’adresse, le nombre de pièces, le loyer, le coût du chauffage, de l’électricité et du gaz. Il est aussi possible de savoir si un logement est meublé et si les animaux y sont permis.

«L’objectif principal était de faciliter la location. C’est parti du constat qu’il est très difficile de magasiner un appartement au Québec, alors qu’il s’agit de la dépense principale de plusieurs ménages», affirme Luis Nobre, programme et cofondateur du site.

Éventuellement l’intention des deux créateurs de la base de données est de permettre de monter des statistiques qui pourront dresser un portrait précis du marché locatif selon les quartiers à Montréal, mais aussi ailleurs dans la province.

«Il y a un peu une volonté de protéger les locataires contre les hausses abusives lors du changement de bail, mais cela pourrait aussi être utile aux propriétaires, qui connaîtront mieux le marché et sauront où investir», affirme M. Nobre.

Pour l’instant, la plateforme qui a été lancée en mai a reçu 2000 visiteurs, selon le programmeur. La seule forme de validation des données fournies de façon volontaire par les utilisateurs se fait par courriel, mais les créateurs veulent pouvoir un jour obtenir de façon confidentielle une copie du bail de la part des locataires, afin de s’assurer de la véracité des informations mises en ligne.

Une plateforme mise en doute
Les deux créateurs, Luis Nobre et Julien Fortin, ont reçu un financement total de 18 000$ de la part des arrondissements de Rosemont – La Petite-Patrie, du Plateau – Mont-Royal et du Sud-Ouest pour leur initiative. Mais celle-ci soulève des doutes de la part des associations de propriétaires et de locataires.

Du côté de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), on y voit un objectif indu de contrôle des loyers, plutôt qu’un simple partage d’information.

«Je vous invite à faire l’essai : n’importe qui peut entrer n’importe quelle info. C’est scandaleux que des arrondissements aient mis de l’argent public sous de faux motifs et dans quelque chose qui n’a aucune fiabilité», lance Hans Brouillette, directeur des affaires publiques à la CORPIQ.

Celui-ci craint que ce genre d’initiative pousse certains propriétaires locateurs à retirer leurs logements du marché pour éviter d’être inscrits sur la plateforme. «Personne ne peut obliger un propriétaire à louer son logement. Il y en a qui vont garder le leur vide pendant un an pour qu’on ne connaisse pas le montant du loyer. De plus, les propriétaires ont parfaitement le droit de ne pas vouloir qu’on diffuse le fait que le loyer est plus bas que ce qui est offert sur le marché», insiste M. Brouillette.

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) pour sa part y voit une idée «noble, originale et intéressante», mais imparfaite.

«Il y a beaucoup de limites à leur programme. Qu’elle est la valeur de ces données et seront-elles utilisables devant la Régie du logement, j’en doute, affirme Maxime Roy-Allard, porte-parole pour le RCLALQ. Ce qu’il nous faut c’est un véritable registre des baux, obligatoire et tenu par la Régie du logement, ou Revenu Québec.»

L’attaché de presse du maire de l’arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie, Francis Côté, justifie le financement de 5000$ octroyé au site en avril 2016, soulignant qu’il s’agit tout de même d’un bon moyen pour combattre les hausses de loyer abusives qui surviennent lors des déménagements.

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