Des fois, le sport peut être un véritable catalyseur pour favoriser l’avancée démocratique dans certains pays qui ne l’auraient pas fait autrement. Grâce aux pressions des instances internationales du sport comme le CIO, on constate une nette évolution dans certains pays du Golfe.

Contrairement à l’Arabie Saoudite, la pratique du sport féminin est encouragée dans les autres monarchies du Golfe qui ont annoncé la participation de pas moins de 18 athlètes féminines à Londres. En effet, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Bahreïn, on table sur le sport pour diversifier l’économie avant que le pétrole ne se tarisse. Alors, l’organisation de tournois sportifs de renommée mondiale se multiplie, notamment avec la participation féminine. Les télés locales, à l’exception de l’Arabie Saoudite, diffusent à profusion des tournois où la femme prend la vedette.

D’autre part, le Qatar, après avoir obtenu le Mondial 2022 de football, aspire accueillir les JO en 2024. Donc, il fallait qu’il se mette à niveau. Le Comité olympique du Qatar a même annoncé qu’une championne de tir avait été désignée pour porter le drapeau de son pays lors de la cérémonie d’ouverture des JO, le 27 juillet.

Reste le cas de l’Arabie Saoudite. L’annonce de la présence aux JO de Londres, pour la première fois, de deux Saoudiennes, une judoka et une spécialiste du 800 m en athlétisme représente un grand pas en avant de l’antre même du wahhabisme. Cette participation de deux Saoudiennes aux JO de Londres met fin à un tabou. Mais est-ce suffisant?

En effet, comme l’ont évoqué certains médias européens, Riyad a exigé un label islamique pour ses athlètes. Autrement dit, pour qu’une athlète saoudienne puisse participer aux JO de Londres, elle doit porter une tenue islamique, être accompagnée par un parent proche et respecter la non-mixité.

Cette situation soulève l’ire des défenseurs des droits des femmes, d’autant plus que les conditions de participation des deux athlètes saoudiennes à Londres n’ont pas été précisées par le CIO.

N’empêche, le président du CIO, Jacques Rogge, a déclaré à l’AFP que c’était «une nouvelle très positive et [qu’ils seront] ravis d’accueillir ces deux athlètes à Londres dans quelques semaines».

Le chemin risque d’être long pour la cause des femmes en Arabie Saoudite, mais ce n’est que le début. Qui aurait cru il y a une dizaine d’années que le sport féminin au Qatar s’affirmerait et que ses athlètes féminines remporteraient 32 médailles, dont 8 d’or, lors des derniers Jeux arabes.

En attendant l’Arabie saoudite, les choses évoluent au Qatar, au Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Koweït et au Sultanat d’Oman.

N. B. Pour la rédaction de ce billet, je me suis basé, entre autres, sur deux dépêches de l’AFP:

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