À sa deuxième saison, Arab Idol nous a offert une émouvante prestation du syrien Abdelkarim Hamdan. Une lamentation contre les ravages de la guerre!

Dans les studios de Beyrouth de la chaîne MBC, le public et les téléspectateurs de cette émission très populaire dans le monde arabe, spécialement au Moyen-Orient, ne s’attendaient pas à vivre une telle soirée. Voir ici.

L’émotion était palpable. Une partie du public a fondu en larmes quand le jeune chanteur syrien a entonné son mawal, ce chant libre d’un poème sans musique qui est une parenthèse prisée par le public dans les chants orientaux. Alors, quand on ajoute à une belle voix un message aussi bouleversant que les ravages d’une guerre civile, il y avait de l’électricité dans l’air.

Le chanteur a chanté un mawal qu’il a écrit et composé lui-même. Il s’y lamente du sang versé à Alep, sa ville natale. Ma traduction sommaire des paroles se résume comme suit :

« Alep, ô printemps de douleur qui mène ma patrie

Que de sang a coulé dans ma patrie

Je pleure de mon cœur qui brûle pour mon pays

Et de ses enfants qui sont devenus poussière »

La prestation du jeune syrien a fait un tabac dans le monde arabe. Sa vidéo a été visionnée par quelque quatre millions de visiteurs sur YouTube.

Dès la fin de sa prestation, la nouvelle vedette arabe a eu droit à une ovation debout. Le jury a été conquis. Et ce jury n’est pas des moindres. Il est composé de stars de la chanson arabe : Ahlam, chanteuse très populaire qui est originaire des Émirats arabes unis, Ragheb Alama, chanteur libanais très populaire, Nancy Ajram, la star de la chanson libanaise et arabe, Houssin Ashafie, auteur et compositeur égyptien très en vue.

En s’adressant au candidat syrien, le témoignage de Ragheb Alama a résumé la soirée : « Vous êtes un ambassadeur de paix et d’amour, vous êtes un ambassadeur de votre pays. »

Pourtant, aussi stupide que cela puisse paraître, la prestation de Abdelkarim Hamdan a provoqué un autre buzz politique dans les médias sociaux. Les protagonistes du conflit syrien ont voulu récupérer cette étoile naissante de la chanson arabe.

Les plus féroces pro-Assad ont cru déceler dans le mawal de Abdelkarim Hamdan un hymne à la rébellion. Ils lui ont réservé un flot de menaces sur les médias sociaux. Quant aux rebelles, ils ont décelé un porte-voix contre les massacres du régime.

Abdelkarim Hamdan a dû s’expliquer sur sa page Facebook, pour affirmer qu’il s’identifie à tous les Syriens sans allégeances à quelconque groupuscule religieux ou clans politiques : « J’ai chanté pour la Syrie et rien que pour la Syrie », a-t-il écrit.

 

Deux articles consultés: celui de la chaîne arabe d’information continue, Al-Arabya, et celui du magazine libanais Aljaras.

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