Que François Hollande soit sorti en tête de ce scrutin du premier tour de la présidentielle et quoi qu’on dise, ce dimanche 22 avril 2012 la France a voté à droite toute!

Ce dimanche, j’ai suivi ma première présidentielle française interactive. Aux alentours de 13h, heure de Montréal, dans mon salon, tout en suivant la soirée électorale sur France 2, la télé publique de l’Hexagone,  j’ai sauté sur mon portable pour accéder aux premières estimations mises en ligne.

À cause de l’embargo interdisant aux médias français de publier les estimations avant la fermeture des bureaux de vote, il fallait que je me rabatte sur les chiffres délivrés sur l’internet par la RTBF, la télévision belge. François Hollande menait alors avec 28% du vote suivi de Nicolas Sarkozy avec 25%. Le scénario du deuxième tour que les sondeurs prévoyaient depuis plusieurs semaines s’est donc concrétisé.

Cette scène m’a replongé dans mon enfance en ce printemps 1981 quand Mitterrand a réussi le pari d’être le premier socialiste président de la Ve république. Un séisme avait alors secoué la France et une grande partie du monde. Des communistes allaient devenir ministres dans un pays de l’Europe de l’Ouest en pleine guerre froide. Dans mon entourage composé pour la plupart de la classe laborieuse immigrante, ce fut plutôt une explosion de joie. Depuis lors, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts de la vie politique française. Deux septennats d’une gauche ramollie par le pouvoir et qui s’est mue en gauche caviar! S’en est suivi une longue traversée du désert pour les socialistes français.

Je ne le cacherai pas, j’étais un gars de gauche avant d’être journaliste. Après la deuxième défaite crève-cœur de Jospin en 2002, je suis redevenu apolitique, car la blessure de l’incompétence des socialistes français et la débâcle de leurs camarades de mon autre planète le Maroc ont ruiné en mon for intérieur toute velléité d’appartenance politique. Je le reconnais, ce fut une délivrance qui m’a permis de redevenir un observateur averti de la chose politique sans cette partisanerie qui altère le jugement. J’ai donc prévu la défaite des socialistes des mois avant la présidentielle de 2007 alors que mes proches socialistes croyaient dur comme fer que Ségolène allait avoir raison de Sarko avec l’appui de la France multiple!

Ce qui est fascinant même aujourd’hui, c’est que mon entourage d’obédience de gauche s’attend à un raz-de-marée de Hollande le 6 mai. Peut-être! Mais il ne faut pas oublier que dans ce premier tour la France a voté à droite avec 56% des votes. C’est ce que démontre l’addition des scores des Sarkozy (27,18%), Le Pen (17,90%), Bayrou (9,13%) et Dupon-Aignan (1,79%). Mes potes m’ont lancé à l’unanimité que ce n’est pas possible, car François Hollande a réalisé le meilleur score du PS dans un premier tour depuis 1988 et les sondages prédisent qu’au second tour François Hollande aurait 54% voix contre 46% pour Nicolas Sarkozy. Peut-être! Mais ce que j’ai saisi lors de cette première manche, c’est que Marine Le Pen a réalisé un score intriguant.

Une lame de fond traverse de long en large la France. Même si Hollande part favori au deuxième tour et qu’il a une forte chance de gagner son face-à-face avec Sarko, le honni du peuple de gauche, la France est désormais à droite.

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