«J’aurais voulu être un artiste!» Tout le monde connaît la chanson. Sauf peut-être toi, jeune Slovaque qui vient d’arriver à Montréal pour un échange étudiant. 

C’est une chanson d’ici. Un hymne sur le désir d’être une vedette, d’être connu, d’avoir son visage sur un grand écran en couleurs. Ou en noir et blanc, si tu tripes vieux cinéma.

Je vais vous dire, le showbiz a un petit quelque chose du secondaire. Souvenez-vous, en secondaire 2, quand on regardait les secondaires 5. On les trouvait donc cool. Et une fois arrivés, on se disait: «Bof, c’est juste ça?» Et en voyant les secondaires 2 nous regarder avec des grands yeux admiratifs, on se disait: «Ah, si vous saviez! C’est pas si excitant que ça.»

C’est un peu le feeling qu’on a une fois dans l’autobus du showbiz. Une grosse gang cool attirante, mais une fois qu’on y est… Ça reste du monde comme tout le monde.

Attention, le travail est excitant, passionnant. Si tu l’aimes bien sûr. Je connais du monde dans l’autobus aussi blasé qu’un concierge d’école. Je parle du statut, du glamour, de l’illusion de coolness. De toutes les jobs que j’ai faites, boss boy, moniteur dans un camp de jour, vendeur de Popsicle, maintenant humoriste, c’est toujours pareil. Y a des affinités naturelles, des conflits, des amourettes secrètes, des vices.  Comme tout le monde, dans n’importe quelle job.

Dans les partys, la surprise est aussi forte quand on voit telle personne faire telle chose qu’on s’attendait pas. La seule différence, c’est qu’au lieu d’avoir envie de le dire aux trois autres personnes qui la connaissent un peu, tu veux le dire aux trois millions de personnes qui la connaissent un peu. C’est une question de nombre, finalement.

Même une fois dans l’autobus, tu veux upgrader. Aller en arrière t’asseoir avec les top cool des cool. Mais encore là, même histoire: «Bof, c’est juste ça?»

L’autobus du showbiz n’a pas de moteur. Il est poussé par le public. Plus y a de public, plus l’autobus avance vite. La beauté de la chose, c’est que je pousse autant l’autobus que vous. Je consomme des films, des shows, de la musique. Finalement, c’est un autobus style Pierrafeu, sans plancher, avec nos petits pieds qui se font aller. Vous aussi vous êtes dedans. Même toi, jeune Slovaque. Certains assis devant ont la tête tournée vers l’arrière: «Ah maudit que j’aimerais être assis dans le fond!» Puis en arrière, ça dit: «Bof.» Pis ça chante des chansons. 

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