Pour son premier long métrage, Roméo Onze, le réalisateur d’origine serbe Ivan Grbovic offre une chronique touchante sur les thèmes de la solitude et la quête d’amour.

D’origine libanaise, Rami (Ali Ammar, attachant) est un jeune homme taciturne souffrant d’atrophie musculaire qui l’empêche de marcher avec aisance. Il se vautre dans la solitude et s’invente un personnage virtuel "Roméo11" qui cherche à séduire une fille avec qui il clavarde sur le net.

À la fois une chronique sous forme d’un rite de passage qu’une incursion dans la communauté libanaise montréalaise, Roméo Onze impressionne par sa justesse de ton. À travers une histoire simple, le scénario offre un portrait juste et évite de mettre l’accent sur le handicap du personnage principal. Évitant le mélo et la démagogie, ce film humain et sensible aborde avec doigté des thèmes universels comme le mensonge comme refuge de soi, la peur du rejet, la quête d’amour, l’emprise et les traditions familiales de même que la pression sociale.

Co-écrit avec sa partenaire Sara Mishara, qui signe également la direction photo, la mise en scène attentive et articulée accorde une attention particulière sur les jeux d’ombres et de lumières qui s’accordent admirablement avec le ton en demi-teinte du film. En somme, Roméo Onze est premier coup d’essai réussi où, malgré les embûches,  le personnage central tente de surmonter son handicap et de trouver sa place et se fondre dans la société.

Cote: ***1/2 sur 5

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