La consultation sur la réussite éducative, lancée par le gouvernement Couillard en septembre, s’est terminée vendredi dernier. Marquera-t-elle un virage dans l’éducation au Québec?

Durant cette consultation, dont l’objectif était l’élaboration d’une première politique de la réussite éducative, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a rencontré quelque 1 300 personnes dans les diverses régions du Québec. Son ministère a également reçu 400 mémoires, et environ 14 000 citoyens se sont prononcés en remplissant un questionnaire en ligne. Le tout s’est conclu par une rencontre réunissant 75 partenaires du monde de l’éducation.

Un grand nombre d’individus et d’intervenants ont donc profité de l’occasion pour offrir leur point de vue sur les besoins des élèves et proposer des moyens d’assurer leur réussite.
Souvent, les consultations gouvernementales sont une occasion pour ces intervenants de faire valoir leurs doléances, même si elles sont déjà bien connues. Tous sont convaincus que tout irait mieux si le gouvernement augmentait leur budget pour qu’ils puissent offrir davantage de services. Leurs propos sont donc souvent prévisibles, parfois au point d’être inintéressants.

Très peu d’intervenants semblent prêts à proposer des solutions concrètes, se contentant, lorsqu’on leur demande ce qu’ils suggèrent, d’énoncer des vœux pieux, des principes généraux qui n’engagent rien ni personne.

Maintenant que tout est terminé, le ministre Proulx devra élaborer et déposer une politique de la réussite au printemps 2017. Mais déjà, au début de la rencontre de la semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard établissait deux priorités qui reflètent les intentions du gouvernement.

La première de ces priorités est l’intervention auprès des enfants de moins de cinq ans. Par le passé, lorsqu’il fallait couper, c’est très souvent le préscolaire qui pâtissait le premier.

L’alphabétisation et le préscolaire sont maintenant les priorités gouvernementales dans l’éducation. C’est une première, un grand virage, espérons-le!

Heureusement, il existe un consensus de plus en plus large voulant que les apprentissages des toutes premières années ont par la suite une influence marquée. Ils permettent de compenser, lorsqu’elles existent, les lacunes développementales qui risquent fort de conduire à l’échec plus tard. Espérons donc une augmentation du nombre de classes de maternelle pour les enfants de quatre ans.

La deuxième est la lutte contre l’analphabétisme. Pour le ministre Proulx, les difficultés de lecture sont importantes chez les travailleurs, au point qu’elles constituent maintenant une entrave au développement économique de la province. L’alphabétisation a toujours été le parent pauvre de notre système d’éducation, mais le ministre a décidé de débloquer 20 M$ pour les organismes communautaires, les commissions scolaires et certaines entreprises qui enseignent la lecture aux adultes, ce qui ne s’est pas vu depuis très longtemps.

Ces toutes nouvelles priorités marquent un virage salutaire. Elles montrent que le gouvernement est en mesure de discerner les enjeux éducatifs les plus importants pour notre société, et ce, malgré le brouhaha causé par l’étalage des revendications.

Espérons que je pourrai répéter ce compliment après le dépôt de la politique, le printemps prochain.

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