L’omniprésence des indélébiles étiquettes dans le débat politique n’est plus à prouver. Quiconque fouille un tant soit peu les programmes et réalisations des partis réalise aisément que les images, voire les préjugés, tiennent à peu de choses.

Le récent débat sur la convergence PQ-QS constitue, à ce titre, une excellente illustration de ce qui précède. L’importance d’une alliance des forces progressistes, clamaient-ils, et ce, afin de renverser les libéraux. Et d’aucuns de gober la marotte sans se poser de question. À gauche, le PQ, vraiment? Cousue de fil blanc, l’assertion ne résiste tout simplement pas à l’analyse.

Et au-delà de ces mêmes étiquettes ou symboles, qu’en est-il des libéraux, à l’heure d’écrire ces lignes? Vrai que les premières années du gouvernement Couillard ont été marquées, et il s’agit d’un euphémisme, par des coupes sévères dans les dépenses publiques. Austérité, disent les uns. Rigueur budgétaire, répliquent les autres. Dans un cas ou l’autre, rien à voir avec la gauche.

Sauf que depuis quelque temps, le vent tend à changer, et ce, dans l’indifférence la plus complète. Un peu comme si les coupes des premières années, jumelées aux crises Bombardier et autres affaires Normandeau, empêchaient le média de féliciter le Parti libéral de ses bons coups. Parce qu’à moins d’être d’une gênante mauvaise foi, bons coups, voire excellents coups, il y a.

Sur le plan économique et fiscal, on parle de trois ans d’équilibre budgétaire consécutifs. D’un taux de chômage de 6% – du jamais vu. Si la tendance se maintient, cela armera encore davantage la réputation des libéraux comme parti de l’économie.

Sur le plan social? On parle maintenant d’investissements massifs dans les garderies et les maternelles, où 100 nouvelles classes sur 4 ans seront ajoutées dès septembre. Pensons aussi au projet de loi déposé la semaine dernière par le ministre Proulx visant à garantir à chacun, et particulièrement aux enfants sans-papiers, l’accès au régime pédagogique québécois.

Ajoutons aussi le mégaprojet de train électrique, desservant le Grand Montréal, lequel est rendu possible par la modification apportée par le gouvernement Couillard au mandat de la Caisse de dépôt et placement. Toujours sur le plan vert, signalons la rupture du contrat avec Pétrolia afin d’empêcher, in extremis, les forages sur l’île d’Anticosti.

Un dernier truc, peut-être le plus significatif : la récente proposition d’ajouter une semaine de congé payé à l’ensemble des travailleurs québécois. La paternité de la mesure, proposée par Isabelle Melançon, dynamique, opiniâtre et progressiste députée de Verdun, a été depuis reconnue à quelques reprises par le premier ministre Couillard.

Comme quoi les accusations de dialogue rompu entre le chef libéral et ses députés relèvent potentiellement du mythe ou, à tout le moins, du passé.

Morale de l’histoire? Au-delà des étiquettes, des symboles et des caricatures, les partis politiques offrent fréquemment des surprises de taille. Suffit toutefois d’être à l’écoute. Et de bonne foi…

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