Ryan Remiorz/La Presse canadienne Francois Legault

On se met d’accord d’emblée sur un truc: les libéraux de Philippe Couillard s’enfoncent chaque jour davantage dans un gouffre sans fond. L’espoir libéral? Que la Coaliton Avenir Québec, bien en selle dans les sondages, se plante prochainement dans sa gestion de la soudaine visibilité qui accompagne d’ordinaire le meneur. L’hypothèse, ou plutôt le souhait libéral, n’est pas saugrenue.

Et pourquoi ça? Parce que, sans vouloir être trop bête, il est à craindre que le chef de la CAQ soit dépourvu des capacités nécessaires pour gouverner le Québec. Méchant, je sais. Mais je le pense sincèrement. Et je ne serais pas le seul. Comme me l’a dit un leader politique récemment: «Legault, c’t’un douchebag.» Sans aller aussi loin, force est néanmoins de constater «qu’il en manque un peu», comme dirait l’autre. La dernière déclaration du chef caquiste sur la brillante idée d’un «test des valeurs» imposé aux Québécois constitue la plus récente preuve de ce qui précède.

Un test des valeurs. Bon. Et il consiste en quoi, ce test? À ce que les immigrants acceptent nos valeurs. Hipelaye. Et s’ils échouent à ce test, François, on fait quoi? On les expulse du Québec? Réponse: Oui. Re-hipelaye.

Mieux encore : le test en question sera accompagné d’un examen de connaissance du français. Dans une province où 20% des citoyens sont considérés comme des analphabètes (niveaux -1 et 1 de littératie), appelons ça de l’ironie.

Pour couronner le tout, François avoue candidement que l’idée de son test a des limites. Il explique : «Une personne peut apprendre les 5, 10, 15 valeurs par cœur même si elle n’y croit pas.» Utile…

Histoire d’en faire une courte, quelques observations de base au profit de François et compagnie:

1. Qui sont les immigrants visés, ici? Et à partir de quand cesse-t-on d’être catalogué comme un citoyen de seconde zone? À quelle génération?

2. Contrairement à ce qu’avance Legault, son test n’a rien à voir avec celui imposé par le fédéral, lequel se veut une simple évaluation des connaissances objectives et factuelles des néo-citoyens, notamment sur le plan de l’histoire.

3. De ce fait, la proposition viole le droit à la liberté prévu aux chartes québécoise et canadienne protégeant les individus contre un trop grand arbitraire.

4. Idem quant à la violation du partage des compétences, le fédéral étant le seul maître à bord lorsque vient le temps de définir les contours de la citoyenneté canadienne. Une province expulsant des immigrants de son territoire? Nononon.

5. Dernier problème, et non le moindre: de quelles valeurs parle François? Une seule semble lui venir à l’esprit: l’égalité hommes-femmes. Pour un mec qui, en pleine caméra télé, a sommé sa conjointe de se taire, avouons qu’il y a de quoi rigoler.

Mieux: les deux chartes, encore une fois, protègent cette même égalité. Alors, quelles autres valeurs, dis-moi? Celle qui consiste à flouer ses coactionnaires d’Air Transat en vendant ses actions en pleine nuit sans les avertir? À créer des bulletins de performance pour les écoles publiques sans égard à leur situation respective? Hum. Laisse-moi plutôt t’en suggérer une, si tu veux bien. Elle s’appelle le respect. Celui des libertés civiles. De l’État de droit. Des différences. Et de l’intelligence des gens.

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