La Presse canadienne Jean-Francois Lisée et Véronique Hivon.

Les habitué(e)s de cette chronique savent à quel point des mots durs ont été prononcés, au cours des dernières années, à l’endroit de Jean-François Lisée. Les critiques, dont les miennes, tournaient systématiquement autour du même axe: comment un homme brillant pouvait-il, sur la question identitaire, insulter l’intelligence de ses concitoyens? Journaliste de culture et d’érudition, conseiller de premiers ministres et polyglotte, le futur leader du Parti québécois pouvait devenir, je le croyais sincèrement, un des meilleurs chefs de l’opposition de l’histoire contemporaine. Encore fallait-il réaligner les astres.

La nomination de Véronique Hivon à titre de vice-chef s’inscrit parfaitement dans cet espoir d’un PQ 2.0. Parce que cette dame est consensuelle, rassembleuse et associée à l’aile gauche du parti, nul doute que le message envoyé se voulait aussi puissant que porteur : fin des stratégies de division, retour aux politiques constructives.

D’aucuns auraient pu flairer l’arnaque, voire une nomination cosmétique de style poudre aux yeux. Or, manifestement, il n’en est rien. Les derniers mois témoignent avec puissance de la force de frappe d’un Lisée aux énergies bien canalisées. En fait, pour quiconque ose leur prêter attention, les idées mises en avant par le PQ méritent le respect. Et au-delà de leur valeur intrinsèque, elles contribuent à faire avancer certaines pistes alternatives, à assurer le foisonnement du débat public.

On pense d’abord au projet de «grand déblocage» proposé il y a peu. Une bonne affaire? Débat de spécialistes, bien entendu. Mais au moins, le pavé est dans la mare (ou sur la 40, c’est selon). Autre proposition, indubitablement géniale celle-là : la création d’un tribunal consacré exclusivement aux infractions à caractère sexuel, inspiré d’une initiative sud-africaine. Brillant et drôlement approprié. Surtout lorsqu’on connaît l’incapacité du système judiciaire à répondre adéquatement aux enjeux de cette nature.

Si on ajoute à cela des changements aux tarifs des CPE et de nouvelles mesures sur le plan de l’accès à la faune, force est alors d’en arriver au constat suivant : non seulement le PQ renoue avec un progressisme assumé, il constitue visiblement la seule opposition osant fréquenter le monde des idées. Tout le contraire de la meneuse dans les sondages, la CAQ, qui sombre dans un mutisme aussi frileux qu’intéressé. À ses risques et périls. Parce qu’obtenir le pouvoir par défaut, franchement, ça ne fait pas des enfants forts. Pensons au gouvernement fédéral actuel, uniquement tributaire de l’écœurantite Harper. Donc, si la tendance péquiste actuelle se maintient, certains devraient réévaluer leur choix quant à la solution de rechange la plus pertinente aux libéraux de Philippe Couillard.

Un bémol, cela dit : Paul St-Pierre Plamondon. Plus tôt que tard, il faudra le sommer de mettre fin à son cirque, lequel jette le discrédit non seulement sur sa formation mais également sur la classe politique dans son ensemble. Sa dernière pitrerie? Une parodie de Rocky IV… Sérieux.
Il n’a pas reçu la consigne sur les limites de la politique-clownerie, Plamondon? Le prix électoral payé par Justin pour son Mardi gras indien, il connaît? D’ailleurs, vous imaginez Lévesque, Trudeau père, Parizeau, Bourassa ou Bouchard faire le bouffon de la sorte? Et dites-moi, Plamondon ne s’était pas autoproclamé porte-parole de l’intellectualisme jeunesse?

Que cela plaise ou non, l’arène politique n’est pas (ou plutôt ne devrait pas être) l’équivalent d’un show de télé-réalité pour débiles légers. D’autres jobs sont disponibles afin d’assouvir les inaltérables soifs d’attention.

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