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On connaissait déjà la propension caquiste à imiter les stratégies électorales populistes des Harper et Ford, celles-ci consistant essentiellement à contrôler le message médiatique en refusant de s’adresser aux différentes tribunes classiques. L’équipe de Métro peut d’ailleurs vous en parler d’abondance, elle qui a couru une partie de l’été afin de dénicher, en vain, un quelconque candidat du parti afin de la faire participer aux capsules en ligne, pourtant gentilles, d’un «Été politique avec Bérard». L’idée derrière cela? Nécessairement, éviter le débat d’idées ou de voir son programme, si une telle chose existait, être critiqué par l’interlocuteur médiatique. Être élus, en bref, sur la seule promesse d’un changement, promesse au vide parfaitement abyssal. Belle conception de la démocratie. Excitant. Au cube.

Ce qu’on ignorait, toutefois, c’est la capacité des caquistes à mentir à l’électorat, et ce, de manière aussi amateure qu’effrontée. Tout comme on méconnaissait, moi du moins, l’absence complète de programme environnemental à la CAQ. En 2018? Faut le faire.

Mais le mensonge, d’abord. Pas plus tard que lundi de la semaine dernière, la section économique du programme caquiste prévoyait ce qui suit: «Exploitation responsable du pétrole.

Au Québec, l’exploration et, éventuellement, l’exploitation des ressources pétrolières et gazières de façon responsable pourront contribuer à l’enrichissement collectif. Il sera toutefois interdit d’exploiter le gaz de schiste par fracturation hydraulique dans des zones densément peuplés (sic) et dans les endroits où il y a absence d’acceptabilité sociale.»

Encourager, on l’a compris, l’exploitation de belles ressources propres, comme le pétrole. Idem pour les gaz de schiste (lâchez-moi en effet la grappe avec le truc d’acceptabilité sociale, de la belle frime).

Or, à la suite d’attaques nourries des autres partis, notamment lors d’un débat où leur candidate Chantal Rouleau apprenait, en ondes (!), la position pro-pétrole de sa formation, les apparatchiks caquistes devaient modifier, manifestement en pleine nuit, ce qui précède pour ce qui suit:

«Exploitation responsable de nos ressources naturelles.

Tout en favorisant le développement économique du Québec, un gouvernement de la CAQ favorisera l’exploitation responsable de nos ressources naturelles aussi bien dans le domaine de l’énergie que dans le domaine minier. Il interdira l’utilisation de la fracturation hydraulique par l’exploitation des hydrocarbures dans les secteurs où il y a une forte densité de la population ou une absence d’acceptabilité sociale.»

Hilalalala. Comme dirait ma grand-mère: c’est pas beau, mentir, François…

Malgré sa tentative, honteuse, de camoufler la vérité, reste que le parti de M. Legault ne peut penser, du moins on le souhaite, s’en tirer à si bon compte. Parce que, oui, la CAQ souhaite la poursuite de l’exploitation pétrolière. Oui, elle désire rouvrir le dossier de l’exploitation du gaz de schiste, pourtant fermé récemment par les libéraux après un bras de fer gagné au cabinet par la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon. Parce que, oui, elle songe reprendre l’exploitation à Anticosti, qui est actuellement dans la course à titre de site patrimonial mondial, je dis ça de même…

Ah oui, j’oubliais: le programme environnemental caquiste. Qu’en dire? Rien. Parce qu’y en a pas. Nada. Juste au moment où 15 000 scientifiques prévoient la fin de l’humanité à moyen terme. Mais bon, vive le changement, n’est-ce pas?

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