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On a fait grand cas dans les médias ces derniers temps du rôle de l’industrie éolienne dans l’augmentation des tarifs d’électricité demandée par Hydro-Québec, accusant cette filière énergétique de tous les maux – dont des pertes importantes pour le Trésor public.

La réalité est pourtant bien plus complexe que ce qu’une bonne partie de la couverture médiatique peut laisser croire. D’abord, la production éolienne n’est pas responsable de la totalité de la demande de hausse des tarifs d’électricité, mais bien de la moitié. Environ le tiers de la hausse demandée résulte de nouveaux investissements dans le réseau de transport et de distribution d’électricité pour répondre à la demande croissante dans les secteurs résidentiel et commercial, et le reste, à un meilleur taux de rendement qu’Hydro-Québec aimerait obtenir.

Ensuite, il est trompeur de ne comparer le prix de l’électricité produite par les éoliennes qu’avec celui de l’électricitié de barrages que nous avons construits il y a 40 ans et dont les coûts sont largement amortis aujourd’hui. Bien sûr, il faut comprendre la différence entre le coût moyen de notre électricité (qui se rapporte à l’ensemble de notre parc de production d’électricité) et le coût marginal, soit celui des nouveaux projets. Dans cette optique, il y a effectivement une différence importante : le coût moyen est d’environ 3 cents/kilowatt-heure (kWh), alors que l’électricité éolienne en coûte environ 10.

Mais lorsqu’on compare le coût de l’énergie produite par des éoliennes construites à celui des autres filières énergétiques, c’est une tout autre histoire. Le grand chantier hydroélectrique d’Hydro-Québec sur la Côte-Nord, le complexe La Romaine, produira de l’électricité qui coûtera, selon plusieurs experts, de 8,6 à 10 cents/kWh, donc à peu près le même prix que celle produite par l’industrie éolienne.

Ce qu’on oublie souvent de dire dans le cas des projets d’éoliennes est que nous avons choisi de faire de cette filière un pôle de développement économique régional, une exigence que nous n’avons imposée jusqu’à maintenant à aucune autre filière énergétique. Ainsi, 50 000 emplois ont été créés grâce à l’industrie éolienne, beaucoup en région, mais d’autres ici à Montréal comme je l’écrivais dans une chronique il y a quelques mois.

Les surplus d’électricité dont on parle tant ces jours-ci représentent environ 1 % de la production; l’arrivée d’une nouvelle aluminerie, l’accélération de l’électrification des transports, le retrait du mazout lourd sont autant d’événements qui les élimineraient rapidement.

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