Les discours d’investiture des présidents américains sont parfois ronflants, vides de sens, centrés uniquement sur un patriotisme dégoulinant de sauce barbecue graisseuse qu’on badigeonne sur des côtes levées achetées dans les frigos de Walmart… Bon, asssez parlé de ce bon vieux W. Bush! Laissons-le à une retraite paisible consacrée à ses concours de ping-pong et à son entreprise de crevettes Bubba Gump… Non, attendez… On doit mélanger deux histoires américaines célèbres… Peu importe. Revenons au discours d’investiture de Barack Obama.

Non, ce n’est pas John F. Kennedy. Ce n’est pas Gandhi. Ce n’est pas Nelson Mandela.

Son nom est Barack Obama et, pour tous ses détracteurs, consulter des livres d’histoire sera une tâche pour le moins rebutante pour les centaines d’années à venir… Même si son premier mandat a été pour le moins chaotique, il deviendra sans l’ombre d’un doute le plus formidable des chefs d’État de sa génération, si ce n’est carrément du siècle.

Son discours était des plus exhaustifs : développement durable et environnement, nécessité pour l’Amérique de se ressaisir au niveau de l’éducation, responsabilité vis-à-vis des autres nations… Sans oublier… Le pivot de son discours, «together» – ensemble! Le devoir de l’Amérique de reconnaître tous et chacune. C’est d’ailleurs cet appel à l’égalité qui restera à jamais gravé dans nos mémoires. D’abord pour les femmes, sur le plan de la parité salariale. Ensuite, pour l’intégration des immigrants et… pour la première fois dans le discours inaugural d’un président américain : l’égalité pour les gais et lesbiennes!

En disant que «notre voyage ne sera pas terminé tant que nos frères et nos sœurs homosexuels ne seront pas traités comme les autres par la loi», il a non seulement brisé un tabou de l’Amérique profonde, mais il a aussi remis solidement à leur place les gens qui aiment propager la haine, pour qui la différence doit être inlassablement condamnée et qui croient que l’homogénéité d’une société est un gage de succès.

Les commentateurs de Fox News doivent pleurer dans leur coin en suçant leur pouce.

D’ici à ce qu’ils arrêtent d’hyperventiler, peut-être que l’Amérique aura enfin repris son rôle de leader mondial de la démocratie et deviendra enfin un exemple de tolérance pour les autres nations. Bien malins ceux qui auraient pu prévoir, il y a quelques années, un tel discours donné par un président américain après que des centaines de milliers de guignols eurent manifesté contre le mariage gai en France…

En tout cas, après ce discours, les ennemis d’Obama auront beau le traiter de gauchiste, ce sera en articulant le tout encore plus mal que d’habitude : difficile de s’exprimer quand on a plus de dents…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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