Oui, on en parle souvent comme du plus gros événement de l’année à Montréal: le Grand Prix. Des retombées financières de fous. Un peu de baume sur nos plaies de citoyens d’une ville mal gérée, corrompue et décrépite.

Il y a d’abord les restaurateurs du centre-ville. Plusieurs font le tiers de leur année en quelques jours, disent-ils! Des touristes faciles veulent dépenser gros à coup de bouteilles de Cristal, de homards et d’énormes steaks juteux à souhait, à la sauce montréalaise. Jusque-là, pas de problème. Qui n’aime ni le homard, ni le steak bien juteux, ni le champagne?

C’est aussi le moment de l’année où on parle de prostitution juvénile, comme si tout à coup le problème venait d’apparaître. Il y a tellement de clients que les agences avec des filles dites d’âge «normal» ne suffisent plus à la demande. Alors, que se passe-t-il? Les proxénètes recrutent de plus en plus tôt et de plus en plus jeune: fugueuses, centre d’accueil, etc. On a l’impression d’avoir lu le même article chaque année sans que rien ne change. On dirait que Montréal se rend compte que l’industrie du sexe est loin d’être aussi rose qu’elle en a l’air. Surtout, on dirait que ce cas de conscience nous arrive dans les médias à date fixe, chaque année, comme si tout le monde se sentait mal de faire de l’argent…

Ce sera toujours de bon ton de blâmer le GP pour tous les problèmes du monde, à commencer par le monde laid qui s’habille en fluo tight en paradant sur la rue Crescent. Vrai. Entièrement d’accord. Ça sent le parfum cheap à partir de la rue Guy.

Par contre, ce qu’il faudrait mettre en exergue, c’est qu’on a tellement peu d’événements qui rapportent autant qu’on est prêt à vendre nos filles, et surtout celles de nos voisins, pour quelques millions de dollars. Ensuite, on va se flageller pendant des mois en disant que le système est pourri.

Et si le problème, à la base, était que Montréal n’a qu’une seule vache à lait décente sur le plan touristique?

Bon. Problème réglé. Trouvons d’autres événements. (Bonne chance, ministre Bérubé!)

En attendant, il y a le bal du Grand Prix pour montrer à la Terre entière qu’on a un star système qui peut frayer avec le gratin mondial des amateurs de vroum-vroum.

Nous serons habillés par Andy Thê-Anh…

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N. B. : Les Justiciers masqués tiennent à préciser qu’avec toutes les blagues qu’ils ont faites sur le GP, c’est un miracle si un sniper ne leur explose pas le crâne s’ils font mine de s’approcher de l’Île Sainte-Hélène… Alors, invités au bal? Pantoute, n’en déplaise à Andy, qui adorerait qu’on porte ses tuxedos!

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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