Toujours premiers à ridiculiser les politiciens véreux, nous aimons aussi montrer que l’actualité regorge de gens remarquables. Chaque mois, nous mettons en exergue les exploits d’une personnalité ou d’un groupe qui mérite le titre de Merveille Masquée.

Martine Desjardins, Jeanne Reynolds, Gabriel Nadeau-Dubois, Léo Bureau-Blouin, respectivement de la FEUQ, de la CLASSE et de la FECQ – l’ordre n’a pas d’importance –, méritent amplement qu’on les félicite pour leur travail quotidien, leur intégrité, leur ténacité.

Vous les connaissez, ils sont les leaders de demain et d’aujourd’hui simultanément. Critiqués et analysés comme des politiciens de carrière, bombardés de questions de façon quasi continue dans d’innombrables points de presse, au centre de la bataille de l’opinion publique, ils finissent – grâce à leur aplomb, leur fougue et leur indéniable talent – par nous faire oublier qu’ils sont des étudiants.

Pas de chauffeur garde du corps, pas de salaire dans les six chiffres, pas de plan de retraite dorée ou d’avantages sociaux faramineux, mais pourtant plus souvent sur la sellette au cours des 75 der­niers jours que la plupart des ministres libéraux.

Ils osent braver le gouvernement Charest et rester unis. «Crime» que certains médias leur font payer chèrement. Voilà ce qu’on appelle avoir des couilles, du guts, des nerfs à toute épreuve. Juste pour ça, ils méritent notre respect. Plus encore, ils mènent à fond de train la charge d’une population entière, parfois blasée, parfois inconsciente, contre un régime qui les stigmatise, les accule au pied du mur plus souvent qu’autrement en les opposant à cette même popu­la­tion, manipulée à grands coups de «terrorisme étudiant».

Du grabuge, ça ils en font. Aucun doute. Non par leur ton revendicateur ou leurs coups de gueule, mais bien parce qu’il faut se rendre à l’évidence qu’ils restent imperturbables devant un gouvernement de plus en plus sale, vicieux et machiavélique à l’os. Devant des ennemis qui n’hésitent pas une seconde à manipuler bassement l’opinion publique comme s’il s’agissait d’un vulgaire système d’engrenages bien huilé, ils demeurent de marbre.

Opposant leur dignité au jusqu’au-boutisme d’un gouvernement belliqueux, voire violent et redoutablement enfoncé dans le mensonge quotidien, ils font souffler un vent de renouveau sur la politique et l’univers des médias : oui, il est possible d’être organisé, fort en gueule, de haranguer une foule, sans pour autant s’écouter parler.

Martine. Jeanne. Gabriel. Léo.

Vous êtes les dignes représentants des étudiants ainsi que de notre génération, vous en êtes d’ailleurs le reflet : militants, engagés et outrés lorsque la malhonnêteté frappe à la porte.

Merci d’être là, merci de continuer la lutte, merci d’être le fusible d’une jeunesse profondément en colère, vous êtes nos Merveilles Masquées du mois.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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