Le congrès général du Parti libéral passe de Montréal à Victoriaville. Vous nous direz : «Croyez-vous que cela fera naître un sillon positionné avantageusement sur la membrane protectrice de mon organe reproducteur?»

En bon québécois : «Penses-tu que ça me fait un pli sur la poche?»

On se dit OK, les libéraux ont besoin d’aller se cacher à Victo parce que les étudiants manifestent. Ils évitent le grabuge pour ne pas mal paraître médiatiquement, une fois de plus. Point final. Non?

Pas nécessairement. Et s’ils étaient rendus tellement paranoïaques qu’ils avaient encore plus peur des retombées médiatiques en lien aux réactions démesurées dans leurs propres rangs?

Prenons hypothétiquement un député et/ou un ministre libéral qui, en plus de se faire huer partout, rentre à la maison exténué par toute cette hargne populaire et par une grosse journée de travail à passer à la déchiqueteuse des documents pour ne pas que l’Unité permanente anticorruption les saisisse, à licher des enveloppes brunes pour les envoyer à une hypothétique caisse de parti après avoir hypothétiquement pris sa part, et là, il doit assister à un party de famille.

Ouch.

Ses neveux étudiants ne voudraient plus lui parler, son frère et/ou sa sœur ne sauraient plus où regarder parce qu’ils sauraient que leurs enfants ont raison, bref ledit libéral serait obligé de parler de la pluie et du beau temps pour éviter que même à la table familiale, ce soit la foire d’empoigne. Style : «Passe-moi les patates… Non! J’gage que tu veux toute la sauce pour toi, espèce de corrompu?!!»

Ça doit être intenable! Hypothétiquement.

Cependant, quand tu exerces une fonction élective, que tu travailles avec le public, qui t’a élu et paye ton salaire, tu risques de passer pour quelqu’un qui perd le contrôle si tu éclates à la moindre petite question qui ne fait pas ton affaire. Surtout si tu représentes un parti qui encourage la répression au lieu du dialogue.

Jean Charest a perdu les pédales l’autre jour en admonestant verbalement une journaliste lors d’un point de presse. Il a dû s’excuser deux heures plus tard. Le mal était fait. Il avait l’air d’un petit tyran courroucé.

Sur Twitter, un obscur député, Gerry Sklavounos, en a fait autant avec nous et le chanteur Dan Bigras. (Oui, on sait. Pourquoi Dan Bigras? Victime innocente. Peu importe. Député en burn-out.) Inutile de revenir sur le ton condescendant, la paranoïa et la violence écrite du député en question. Passons. Pour l’instant…

Disons simplement que c’est peut-être mieux pour tout le monde que les députés libéraux aillent prendre de l’air. Ventilent un peu. Victoriaville? Bon choix.

Loin dans le Nord, on espère.

Allez donc vous cacher, vous nous faites honte.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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