Récemment, ICI Grand Montréal lançait son exposition virtuelle #JaimeMTL dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de la ville. L’expo est pour tout le monde et a pour but de faire rayonner la ville à travers l’objectif de la grande diversité des gens qui l’habitent. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, il était beau de voir les Mont­réalais-es, connus ou non, prendre part à ce grand témoignage d’amour pour la métropole.

Je crois que ce n’est plus un secret pour personne: le 375e de Montréal et le 150e du Canada me rendent amère, pour des raisons bien évidentes. Cependant, je compte bien participer à cette expo, car j’aime Montréal. La grande métropole est ce que j’ai trouvé de mieux, en attendant le moment où je ferai comme les outardes qui volent au-dessus de nos têtes depuis un mois. Montréal, la ville qui a failli m’engloutir, mais aussi celle qui m’a vue m’épanouir. Je l’aime pour sa scène culturelle, ses quartiers qui ne se ressemblent pas, ses communautés culturelles et, surtout, sa communauté autochtone tricotée (ou perlée, c’est selon) serrée.

Il est parfois difficile pour nous de trouver notre place dans cette forêt de béton, où l’asphalte contraste avec les chemins de gravel de notre enfance. Vous l’appelez «Montréal», nous l’appelons «Tiohtiake», son toponyme mohawk. Nos cultures y sont très peu mises de l’avant. D’ailleurs, j’ai un peu mal chaque fois que je me trouve sur la rue Amherst ou que je passe à côté du gigantesque monument de John A. Macdonald, celui qui a programmé des famines pour se débarrasser des miens.

20 000 Autochtones foulent le sol de Montréal chaque jour. Nos visages sont multiples, nos raisons d’être ici sont différentes, mais nous sommes encore là. Comme une connaissance à moi disait l’autre jour, notre simple présence transforme la ville. Je le pense aussi. Il est bon de voir mes sœurs et frères la tête haute, portant leur culture en bijoux et tatouages. Chaque fois qu’une de nos langues résonne dans la rue ou dans un wagon de métro, j’esquisse un sourire. Certes, il ne faut pas oublier le Jardin des Premières-Nations, le Café Roundhouse, le festival Présence Autochtone, les centres d’amitié autochtones et les nombreuses murales de graffitis en hommage à notre résistance. Malgré tout, il y a certains endroits où j’arrive à me sentir chez moi.

Si Denis Coderre souhaite que sa ville soit celle de la Réconciliation, de grands changements s’imposent. La réconciliation, c’est plus que des symboles et des mentions de territoire non cédé au début d’un discours. La Ville doit s’attaquer aux problèmes de profilage racial envers nos membres, particulièrement celles et ceux dans la rue. Les toponymes sont à changer et la ville doit être plus verte. Il y a du pain sur la planche, mais de nombreux organismes sont prêts à offrir leurs conseils. Suffit d’écouter.

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