La semaine dernière, la Ville de Montréal a déposé un mémoire dans lequel elle soumet des changements au code de la sécurité routière. Certaines de ces propositions sont destinées à permettre aux cyclistes de tourner à droite aux feux rouges, d’effectuer des arrêts Idaho (c’est-à-dire ralentir sans s’immobiliser aux arrêts obligatoires) et d’utiliser les feux piétonniers pour traverser aux intersections. Les enfants à vélo pourraient aussi rouler sur les trottoirs, mais à certaines conditions.

Pour quiconque ayant déjà roulé à vélo sur l’île de Montréal, ces recommandations sont du pur bon sens. Personnellement, même si je respecte le code de la route du mieux que je le peux, il m’est déjà arrivé de ne pas m’immobiliser complètement à un stop, de tourner à droite à un feu rouge après avoir laissé traverser les piétons et, lors de nos sorties en famille, de demander à mes enfants de rouler sur le trottoir… Et vous savez quoi? Je suis prêt à parier que plus de 90 % des cyclistes ont déjà fait la même chose.

Nous, cyclistes, ne sommes pourtant pas des anarchistes délinquants ni des truands de la route. Bien sûr que non. C’est que ces règles ne sont pas du tout adaptées à la réalité des cyclistes. Le code de la route a été essentiellement conçu pour les véhicules à moteur : automobiles, autobus, camions, motos, etc. À bien y penser, si ces véhicules n’existaient pas, on n’aurait absolument pas besoin de feux rouges ni de panneaux d’arrêt. Lorsque de plus en plus de personnes ont commencé à utiliser leur vélo pour se déplacer en milieu urbain, la solution la plus simple a consisté à appliquer les mêmes règles que pour les automobilistes. On n’a pas pris le temps de bien y réfléchir. Est-ce que tout cela a du sens? Est-ce adéquat? Est-ce applicable?

On n’impose pas les mêmes règlements ni les mêmes lois aux automobilistes qu’aux piétons. Il est tout à fait normal qu’on ait des règles et des lois spécifiques aux cyclistes.

Dans sa dernière chronique dans Le Journal de Montréal, Mario Dumont y va d’une diatribe intitulée «Les cyclistes au pouvoir». Il y accuse un certain «lobby cycliste» d’avoir beaucoup trop d’influence sur nos élus. Tiens donc! Plus d’influence que le lobby de l’industrie automobile? Permettez-nous d’en douter. M. Dumont nous informe aussi que les piétons et les automobilistes ont peur des méchants cyclistes! Avez-vous jamais entendu parler d’un accident mortel entre un cycliste et un piéton? Combien y a-t-il de voitures qui tuent des piétons et des cyclistes chaque année sur nos routes?

Non, M. Dumont, ce n’est pas «les cyclistes au pouvoir», c’est le bon vieux gros bon sens. Je vous invite d’ailleurs à venir faire un tour de vélo à Montréal cet été avec le vrai monde : en plus de vous faire beaucoup de bien, vous comprendrez enfin de quoi nous parlons.

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