Chantal Levesque

Âgé de 22 ans, Gabriel Pelletier est étudiant au premier cycle en droit 
à l’UQAM.

Dans le cadre de son implication à la Clinique juridique itinérante, il contribue à favoriser l’accès à la justice pour les personnes en situation d’itinérance, marginalisées ou démunies.

Qu’est-ce qui vous a incité
à joindre cet organisme
 à titre de bénévole?
Je me suis inscrit en droit dans l’optique de défendre une idée de justice sociale et de travailler avec des populations marginalisées qui n’ont pas nécessairement accès à la justice.

Pour tout le monde, le système judiciaire au Québec est assez compliqué. Ça demande beaucoup de connaissances et de travail pour le comprendre. C’est aussi une bureaucratie imposante. Pour une personne en situation de précarité, qui doit d’abord trouver où dormir et comment faire pour manger et être en sécurité, la justice arrive assez bas dans la liste de priorités. La clinique leur enlève ce fardeau-là en les accompagnant tout au long du processus. C’était donc une super belle occasion et une bonne façon pour moi  d’apprendre de façon plus concrète.

En quoi consiste votre 
travail exactement?
La clinique est présente dans une dizaine de refuges à Mont-réal qui s’occupent de toutes sortes de personnes : hommes, femmes, jeunes, autochtones… J’ai été affecté à la Mission Old Brewery, où je me rends une fois par mois avec une équipe de trois personnes. De 15 h à 18 h, on reçoit des gens qui nous expliquent leur situation. Lorsqu’il y a une question de droit à régler, on ouvre un dossier et on voit comment on peut les aider. Les cas sont très variés. Ça peut toucher au droit criminel, familial, administratif, au droit du logement…

À la suite de ces rencontres, en tant que clinicien, je suis appelé à donner de l’information juridique, à faire des accompagnements à la Cour et à l’aide juridique et à obtenir des ententes de paiement. Ça implique du travail de terrain, mais surtout d’établir une relation de confiance avec les usagers. Beaucoup d’entre eux ont déjà eu affaire à la justice ou à d’autres autorités, et leur expérience n’a pas été excellente. On ne veut pas être une énième claque au visage pour eux. On veut les accompagner jusqu’au bout.

Humainement,
est-ce que c’est difficile?
Il y a parfois des cas très lourds, des histoires et des personnes qui marquent tout le monde. On l’oublie, mais le droit a une fonction fondamentalement humaine. Des fois, on se sent complètement investi dans un cas, mais on ne l’est jamais par pitié. Lorsqu’il y a injustice, on tente de faire le mieux possible à l’intérieur de nos capacités pour essayer de la corriger.

En rafale


Un film qui vous
a marqué?
Les ordres,
 de Michel Brault.

Le secret le mieux gardé de Montréal?
La rue Wellington,
 à Verdun.

Montréal en trois mots?
Pleine de promesses.

Votre dernier voyage?
L’Écosse, en 2014. Par un heureux hasard, je suis arrivé alors que se tenait le référendum sur 
l’indépendance.

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