collaboration spéciale Plusieurs études prouvent que la pratique de la musique ou de toute autre forme d’art a un effet favorable sur la réussite.

La musique adoucirait vraiment les mœurs, au point d’améliorer les résultats scolaires.

Sébastien (nom fictif) entretenait un rapport difficile avec l’école. Garçon d’âge primaire renfermé, il avait de la difficulté avec l’autorité et ne faisait pas ses devoirs. Ses résultats scolaires en étaient forcément affectés. Depuis un an, Sébastien reçoit des cours de piano et de l’aide aux devoirs au Garage à musique, un projet de développement social mis sur pied par la Fondation du Dr Julien dans Hochelaga-Maisonneuve. Son comportement et ses notes se sont nettement améliorés.

Le résultat aurait-il été le même s’il n’avait reçu que de l’aide aux devoirs? Assurément pas, croit Audrey Racicot, coordonnatrice du volet de l’accompagnement scolaire au Garage à musique. «Les cours de musique étaient son motivateur premier, explique-t-elle. La pratique de la musique l’a aidé à développer sa confiance en soi, son organisation personnelle et son assiduité.»

Selon la Fondation du Dr Julien, initier ainsi un enfant à la musique augmente les «occasions de stimuler [son] développement et améliore ses habiletés personnelles et sociales ainsi que son sentiment d’appartenance au milieu scolaire». La table est donc mise pour favoriser la persévérance et la réussite scolaires.

L’exemple de Sébastien n’est pas un cas isolé. Plusieurs études concluent que l’initiation à la musique ou à toute autre forme d’art a un effet favorable sur la réussite scolaire.

Selon une récente étude de la firme de recherche canadienne Hill Strategies, la pratique des arts, en plus d’améliorer les résultats académiques des jeunes, diminue le risque qu’ils décrochent et augmente leurs chances de réussir sur le plan professionnel à l’âge adulte. Cet impact serait encore plus marqué chez les jeunes provenant de milieux défavorisés.

Un rapport publié l’an dernier regroupant quatre études longitudinales américaines en arrive à des conclusions similaires. Comparativement aux élèves qui ont peu d’exposition aux arts ou qui n’y sont pas du tout exposés, les élèves qui y sont fortement exposés auraient entre autres des taux de réussite scolaire supérieurs, de meilleures notes dans plusieurs disciplines, des taux d’inscriptions plus élevés aux études postsecondaires ainsi que de meilleures notes à l’université.

D’artistes à agents créateurs de réussite
«On entend plutôt rarement un jeune dire que ce sont ses cours de mathématiques qui le motivent à aller à l’école et qui l’allument», fait remarquer Nathalie Maillé, directrice générale adjointe du Conseil des arts de Montréal (CAM). Convaincue que les arts pouvaient aider à contrer le décrochage scolaire, elle s’est faite instigatrice du programme Libres comme l’art.

Mis sur pied par le CAM en collaboration avec la Conférence régionale des élus (CRÉ) et Une école montréalaise pour tous du ministère de l’Éducation, ce programme met en contact des jeunes du primaire et du secondaire provenant principalement de milieux défavorisés montréalais avec des créateurs professionnels. L’objectif : favoriser la réussite scolaire des jeunes en les faisant participer au processus créatif des artistes, ce qui enrichit par le fait même le travail de ces derniers.

Et selon Mme Maillé, c’est mission accomplie. «Les jeunes se sentent interpellés par ces projets. Les jours des rencontres, ils sont tous présents. Ça stimule non seulement leur implication et leur engagement à l’école, mais aussi leur créativité et leur intelligence émotionnelle.»

«C’est quand [les élèves] sont en action et qu’ils se laissent aller sans se poser de questions que ça se passe, remarque Guillaume Sawyer, enseignant en danse à l’école Monseigneur-Richard, qui a participé à ce programme avec sa classe. C’est un bon projet parce que ça leur permet de voir une autre façon de travailler.»

Malheureusement, on sous-estime trop souvent l’importance des arts et de la culture dans l’éducation, se désole Nathalie Maillé. «Il y a 20 ans, on disait que les cours d’éducation physique étaient inutiles, rappelle-t-elle. Aujourd’hui, alors que les taux d’obésité sont élevés, on réalise toute leur importance. C’est la même chose avec les arts. Leur pratique demande une rigueur et un dépassement de soi [qui ont] un impact sur le jeune dans tous ses autres cours.»

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