Quatre geeks de la région de Montréal lanceront lundi une application mobile qui pourrait permettre de désengorger les urgences.

Vers quelle urgence se diriger lorsqu’on a un problème de santé sérieux? Pour guider ses utilisateurs, l’application Doctr (Android et iPhone) permet, dans un premier temps, de consulter la liste du taux d’occupation des urgences des hôpitaux les plus proches.

Ceux qui ont besoin d’une consultation de façon moins urgente peuvent parcourir l’inventaire des cliniques médicales à proximité. L’application indique si les cliniques sont ouvertes et si elles acceptent les visites sans rendez-vous, en plus de les localiser et de donner toutes sortes d’information sur leurs services.

«Ça permet d’orienter la personne vers le meilleur endroit, que ce soit l’urgence la moins achalandée ou une clinique, a souligné Stéphane Boyer, co-concepteur de Doctr. Beaucoup de gens vont à l’urgence, alors que leur problème pourrait être réglé dans une clinique, parce que la recherche est trop compliquée.»

Comme ils tiennent à ce que leur application soit gratuite, les concepteurs ne feront pas un sou dans l’immédiat, malgré les centaines d’heures consacrées au projet, en dehors de leur travail. «On veut démontrer au gouvernement que de belles choses peuvent être faites d’un point de vue technologique pour améliorer l’accès aux soins et faire des gains en efficacité, a affirmé Quentin Gay, au co-concepteur de l’application. On a utilisé des bases de données du ministère de la Santé qui existent depuis longtemps et dont personne n’avait rien fait.»

Maintenant que l’application est disponible sur App Store et Play Store, les créateurs ont l’intention de la faire évoluer  notamment en développant des partenariats avec des cliniques afin que les citoyens puissent avoir une idée de la disponibilité des médecins qui y travaillent.

La plateforme Doctr est très intéressante pour guider les patients à travers le point de services le plus approprié, mais elle ne combat pas le manque d’accès aux médecins, croit Mylaine Breton, professeure au Département des sciences de la santé communautaire à l’Université Sherbrooke,.

«Le manque d’information sur les points de services n’est pas la seule raison pour laquelle les patients se rendent à l’urgence de façon inadéquate. C’est en grande partie parce qu’ils ont de la difficulté à obtenir un rendez-vous dans une clinique», estime Mme Breton.

Le service de prise de rendez-vous Bonjour-santé s’attaque actuellement à ce problème en trouvant rapidement à ses utilisateurs une plage horaire disponible dans l’une des 165 cliniques participantes. Seul hic, l’utilisation de ce service coûte 15$ par rendez-vous et n’est donc pas accessible à tous. Le président de Bonjour-santé, Benoit Brunel, souhaiterait d’ailleurs que les frais de son service soient couverts par le gouvernement. D’autres services de prise de rendez-vous payants sont aussi disponibles, comme Chronometriq et Patient en ligne.

De son côté, le ministre de la Santé évalue actuellement les manières de créer un système public de prise de rendez-vous dans les cliniques médicales.

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