Gaetan Bernard Kris Van Assche

Dans sa capsule pour le manufacturier de denim Lee (arrivée en boutique au début de l’automne en Europe), le designer Kris Van Assche habille les hommes en faisant un clin d’œil au style classique des cols bleus. En entrevue, il discute de virilité, de vêtements de travail et des frontières sociales de plus en plus floues.

«Je ne suis pas vraiment adepte des fioritures; j’aime que la beauté soit assez technique», décrit Kris Van Assche en parlant de son esthétique.

Le clinquant et l’inutile n’ont vraiment pas leur place dans ses créations. La capsule qu’il a signée récemment pour la marque Lee met l’utilitarisme à l’avant-plan et est directement inspirée du vestiaire de travail. Ça ne veut pas dire que vous voudrez porter ces vêtements pour faire du travail manuel, mais comme le dit si bien le designer d’origine belge : «Je pense que l’homme Kris Van Assche est actif; il travaille, il voyage… J’aime le côté fonctionnel des vêtements de travail.»

Fonctionnalité sans compromettre le style. L’esthétique de Van Assche, qui privilégie toujours les détails pratiques aux décorations futiles, se marie très bien au classicisme des jeans Lee. «Lee m’a apporté les outils techniques pour créer des vêtements de travail de manière authentique, explique le directeur artistique de Dior Homme. Il s’agit d’avoir les bonnes bases, puis d’améliorer le tout avec des matériaux modernes et innovateurs.»

Ce qui distingue cette alliance des autres collaborations entre un designer et une marque grand public, c’est que le créateur de 36 ans n’a pas tenté de refaire des styles déjà vus en défilés avec des matériaux moins coûteux. Il a plutôt choisi de transposer son style et ses habiletés créatives pour mettre en valeur la marque fondée en 1889. En voyant les vêtements, il semble évident qu’en dépit des différences qui les opposent – le luxe contre la mode accessible –, ils partagent un certain héritage.

Van Assche a pourtant laissé de côté le denim parce que, pour lui «ça aurait été la chose la plus évidente à faire». Il a préféré utiliser une toile de coton brut dans des teintes de brun et de bleu.

En adaptant le style des travailleurs, le designer donne aussi dans l’éditorial socio-économique, mais il ne veut en aucun cas que cette interprétation soit mise en évidence. «J’ai voulu rendre les codes plus flous entre le style des cols bleus et celui des cols blancs, comme les banquiers, fait-il valoir. Il est question ici de mélanger deux mondes qui n’ont généralement rien à voir.»

Il est de plus en plus commun de voir des designers comme Donatella Versace, Marni et Karl Lagerfeld se tourner vers le marché de masse, réduisant le fossé entre les deux pôles de l’industrie de la mode. La mode se démocratise, oui, mais pour Kris Van Assche, c’est plus simple que cela : «Mes vêtements sont faits pour la vraie vie.»

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