Montréal et le français
Ce cher Yves Beauchemin a bien le droit de détester Jean Charest. D’ailleurs, j’avoue aimer les politiciens autant que les financiers avec lesquels ils couchent. Mais faire de la politique avec la représentation démographique de Montréal est une tout autre chose. Cela fait plusieurs mois qu’on en parle, toujours d’un point de vue négatif avec une référence à un Québec indépendant de la part de ceux qui se sont promus défenseurs de la langue française sur la place publique : les francophones seront minoritaires à Montréal dans l’avenir. Dans leurs discours, je décerne parfois de la xénophobie, si ce n’est de la paranoïa. Ce qui est certain, c’est que leur langage est loin d’être inclusif dans un Québec de plus en plus multiculturel. Si le mouvement souverainiste est en difficulté, ce n’est pas avec la peur de l’autre qu’il va s’attirer des sympathisants.
Dans mon cas, je suis l’autre, inscrit comme «allophone» dans les statistiques puisque ma langue maternelle n’est pas le français. Pourtant, une des raisons pour lesquelles nous avons atterri à Mirabel, dans les années 1980, plutôt qu’à Los Angeles ou à Toronto, était cette langue dans laquelle je communiÂque avec vous. Cette raison est beaucoup plus fréquente que vous ne le pensez chez les nouveaux arrivants, mais nous continuerons, n’en déplaise à certains, à
utiliser nos langues maternelÂles en famille et avec nos proches. J’assume que vous comÂprenez l’importance de préserver sa culture et sa langue.
– Katayfa P., Laval