Si les allégations se confirment, ce qui s’est passé le 14 mai dans un hôtel chic de New York risque d’entraîner toute une série de conséquences graves.

Pour le personnage central, Dominique Strauss-Kahn, c’est évidemment une catastrophe. On dira qu’il a bien couru après, à supposer qu’il soit effectivement reconnu coupable. Reste que son univers a basculé en quelques minutes. Il est passé de puissant à paria.

C’est aussi un sérieux revers pour le Parti socialiste français, qui voyait en lui le candidat idéal pour battre le président sortant, Nicolas Sarkozy, aux élections de 2012. Ses chances paraissent déjà anéanties. Mais au-delà de l’affaire personnelle, c’est l’avenir du Fonds monétaire international (FMI) qui est mis en cause.

Le FMI, c’est une sorte de pompier financier mondial qui doit en principe intervenir pour neutraliser les tempêtes économiques avant qu’elles ne fassent trop de dommages. Il a été fondé en 1944 lors d’une grande rencontre internationale à Bretton Woods, tout près d’ici, dans le New Hampshire. On voulait éviter que des dérapages ne mènent à des crises comme celle des années 1930, quand l’Allemagne saignée par le règlement de la Première Guerre mondiale s’était tournée vers Hitler et ses complices. Mission, donc : éteindre les feux avant qu’ils ne soient hors de contrôle. Les pays membres (187, au dernier décompte) fournissent les fonds.

L’ennui, c’est que le FMI est aussi devenu une bête politique avec jeux de coulisses où les grandes puissances subventionnaires, nommément les États-Unis et l’Europe, se disputent le pouvoir. On va au secours des autres, mais en dictant ses conditions. Les pays émergents, eux, assistent  au spectacle sur les lignes de côté. L’Argentine, par exemple, a reçu quelques fois un financement massif d’urgence, dans des conditions troubles qui ont engendré d’autres problèmes.

DSK devient directeur général du FMI en 2007. Il va progressivement en ramener la philosophie vers le centre. Finies, les exigences de privatisation à tout crin chez les pays secourus, par exemple. Plus, ce négociateur-né va rétablir les ponts avec le tiers-monde et faire de la place aux économies émergentes. Le titre d’un livre publié pas plus tard qu’en février reconnaissait son travail : DSK au FMI, enquête sur une renaissance.

Tout le monde n’est pas nécessairement du même avis. Des Grecs, notamment, accusent le FMI d’affamer leur pays avec ses demandes de réformes, mais quand même, il avait su démontrer son utilité. Les frasques présumées de son directeur tombé en disgrâce vont-elles finir par assombrir le statut de l’institution elle-même?

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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